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OQTF et recours administratif

Expulsion d'un locataire pour faux documents : la procédure étape par étape

Par Maître Indiara Fazolo · Avocate en droit de l'immigration et OQTF12 min de lecture
Sommaire

Un dossier de candidature impeccable, des bulletins de salaire cohérents, un avis d'imposition qui rassure. Puis les premiers loyers impayés, un employeur qui n'existe pas, une adresse fantôme. Le bailleur découvre alors, souvent après plusieurs mois, que le bail a été signé sur la base de pièces falsifiées. La question devient immédiate : comment obtenir l'expulsion d'un locataire entré dans les lieux grâce à de faux documents, et sur quel terrain juridique porter la bataille ?

La réponse tient en deux mouvements. D'un côté, une procédure civile classique de résiliation du bail et d'expulsion, portée devant le juge des contentieux de la protection. De l'autre, un volet pénal spécifique au faux, qui peut solidifier le dossier ou, dans certains cas, être invoqué comme moyen de défense par le locataire mis en cause. Ces deux terrains s'articulent, mais ils obéissent à des règles et à des délais très différents.

Ce guide déroule les étapes que suit, en pratique, un bailleur qui souhaite faire prononcer l'expulsion d'un locataire ayant produit de faux documents. Il précise les pièces à réunir, les juridictions à saisir, les délais à ne pas manquer, et signale les points de fragilité procédurale qui, en l'absence de vigilance, transforment un dossier gagné d'avance en défaite coûteuse.

  1. Étape 1 — Caractériser et documenter le faux

    Rassembler les pièces du dossier locatif, identifier précisément les documents suspects et obtenir des éléments de preuve du caractère faux ou altéré.

  2. Étape 2 — Déclencher le volet pénal

    Décider entre le dépôt de plainte pour faux et usage de faux et l'inscription de faux civile, en fonction de la nature du document et de la stratégie civile.

  3. Étape 3 — Assigner en résiliation du bail

    Saisir le juge des contentieux de la protection pour obtenir la résiliation du bail, l'expulsion et le paiement des sommes dues, en s'appuyant sur le faux comme fondement.

  4. Étape 4 — Sécuriser la procédure face aux contestations

    Anticiper les moyens de défense du locataire, notamment l'allégation de faux inverse, et respecter les règles de preuve documentaire.

  5. Étape 5 — Faire exécuter le jugement d'expulsion

    Suivre la signification du procès-verbal d'expulsion, gérer le sort des biens laissés sur place et respecter les délais de contestation.

Caractériser précisément le faux dans le dossier d'expulsion du locataire

Avant toute action, il faut savoir ce que la loi désigne exactement comme un faux. Un dossier locatif douteux ne suffit pas. Le juge attend une caractérisation juridique précise, document par document.

L'article 441-2 du Code pénal vise le faux commis dans un document délivré par une administration publique aux fins de constater un droit, une identité ou une qualité, ou d'accorder une autorisation. Un avis d'imposition falsifié, une carte d'identité contrefaite, un justificatif de domicile émis par une administration et modifié entrent dans cette qualification. L'usage de ce type de faux est puni des mêmes peines que sa fabrication.

Le faux commis dans un document délivré par une administration publique aux fins de constater un droit, une identité ou une qualité ou d'accorder une autorisation est puni de cinq ans d'emprisonnement. L'usage du faux mentionné à l'alinéa précédent est puni des mêmes peines.
Article 441-2 du Code pénal

Les bulletins de salaire fabriqués, les contrats de travail fictifs ou les attestations d'employeur imaginaires relèvent d'une autre logique. Ce sont des faux sous seing privé, dont la contestation obéit à un régime distinct que nous détaillerons dans l'étape 2. La détention frauduleuse de ces faux documents est réprimée par l'article 441-3 du Code pénal, qui prévoit deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende, portés à cinq ans et 75 000 euros en cas de détention de plusieurs faux.

Réunir les pièces avant toute assignation

Le bailleur doit remonter au dossier de candidature signé lors de la conclusion du bail : formulaire, copies d'identité, justificatifs de revenus, contrat de travail, attestation d'employeur, avis d'imposition, garant. Chaque pièce originale ou copie communiquée à l'époque doit être conservée. Sans ces documents, l'accusation de faux devient rapidement une affirmation sans support.

Les éléments de comparaison viennent ensuite. Un appel à l'employeur mentionné, une consultation du registre du commerce pour une société inexistante, une demande de contrôle auprès du service des impôts, la vérification d'un numéro de sécurité sociale : chacune de ces démarches produit un élément de preuve daté et traçable qui viendra alimenter le dossier civil comme le dossier pénal.

Choisir entre plainte pénale et inscription de faux pour un bail obtenu par faux documents

Deux terrains coexistent pour établir juridiquement le faux, et ils n'obéissent pas aux mêmes règles. Le choix a des conséquences directes sur le calendrier et sur la solidité de la procédure d'expulsion.

La plainte pénale pour faux et usage de faux est la voie la plus intuitive. Elle vise l'auteur du faux et donne compétence au parquet pour instruire. Elle est particulièrement adaptée aux faux commis sur des documents administratifs, au sens de l'article 441-2 du Code pénal. Elle est en revanche longue, et le bailleur n'en maîtrise pas le rythme.

L'inscription de faux civile est l'autre outil. Elle permet, dans le cadre du procès civil en résiliation du bail, de contester frontalement l'authenticité d'un écrit versé aux débats par le locataire. L'article 300 du Code de procédure civile fixe les règles applicables lorsqu'un écrit sous seing privé, comme un bulletin de salaire ou un contrat de travail, est argué de faux à titre principal.

Si un écrit sous seing privé est argué faux à titre principal, l'assignation indique les moyens de faux et fait sommation au défendeur de déclarer s'il entend ou non faire usage de l'acte prétendu faux.
Article 300 du Code de procédure civile

L'article 314 précise que la demande principale en faux est précédée d'une inscription de faux, et que l'assignation doit être faite dans le mois de l'inscription de faux à peine de caducité. L'article 315 organise la suite : si le défendeur déclare ne pas vouloir se servir de la pièce arguée de faux, le juge en donne acte au demandeur. Concrètement, si le locataire admet ne pas vouloir s'appuyer sur son propre faux, l'incident se referme et la pièce est écartée.

Faux commis dans un dépôt public : article 642 du Code de procédure pénale

Lorsque la pièce falsifiée est un document délivré par une administration ou déposé dans un dépôt public (avis d'imposition, attestation CAF, extrait d'acte d'état civil), un régime spécifique s'applique. L'article 642 du Code de procédure pénale prévoit que, lorsqu'il est porté à la connaissance du procureur de la République qu'une pièce arguée de faux figure dans un dépôt public ou a été établie dans un dépôt public, le procureur peut se saisir. En cas d'urgence, il peut ordonner le transport au greffe des documents suspectés.

Pour le bailleur, cela veut dire qu'un avis d'imposition falsifié entraîne mécaniquement la voie pénale : le procureur peut être saisi et diligenter des vérifications. Le bailleur a intérêt à joindre à sa plainte les copies du document argué de faux et les éléments de comparaison obtenus auprès de l'administration.

Le sort de la pièce lorsque l'action publique ne peut être engagée

Il arrive que l'action publique soit éteinte, par exemple par prescription, ou que le locataire n'ait pas lui-même fabriqué la fausse pièce. L'article 646 du Code de procédure pénale prévoit alors que, si l'action publique est éteinte ou ne peut être exercée du chef de faux, et s'il n'apparaît pas que celui qui a produit la pièce ait fait sciemment usage d'un faux, le tribunal ou la cour saisi de l'action principale statue incidemment sur le caractère de la pièce. Le juge civil peut donc, dans le procès en expulsion, se prononcer lui-même sur le caractère faux du document.

Engager l'expulsion du locataire pour faux documents devant le juge des contentieux de la protection

Le cœur de la procédure, c'est le procès civil en résiliation du bail et expulsion. Le fondement, lorsque le bail a été obtenu grâce à de faux documents, se joue sur deux terrains : la nullité du contrat pour dol, quand la fraude a déterminé le consentement du bailleur, et la résiliation ordinaire pour manquements, en particulier les impayés.

L'assignation est délivrée par commissaire de justice. Elle doit exposer clairement les faits, viser précisément les documents allégués comme faux, articuler la demande principale (résiliation ou nullité du bail, expulsion, paiement des loyers) et, le cas échéant, contenir une inscription de faux au sens de l'article 300 du Code de procédure civile. Le tribunal compétent pour l'essentiel des baux d'habitation reste le juge des contentieux de la protection.

Le juge des référés a-t-il compétence dans un dossier de faux documents ?

Le référé permet d'aller vite, notamment quand la clause résolutoire du bail est acquise pour non-paiement. Il n'est en revanche pas le terrain adapté quand la contestation porte sur l'authenticité même des documents contractuels. Le juge des référés ne juge pas les questions sérieusement contestables et il n'a pas vocation à trancher une inscription de faux.

Jurisprudence
Cet arrêt rappelle qu'en matière de référé, le juge ne peut dénaturer les documents produits au soutien d'une demande d'expulsion. Autrement dit, si un document versé aux débats est incohérent, le juge ne peut lui donner arbitrairement un sens conforme à ce que souhaite l'une des parties. L'exigence de rigueur documentaire s'impose au juge du provisoire lui-même, ce qui offre un point d'appui au locataire comme au bailleur pour contester une lecture forcée d'une pièce contestée.

Cass. 3ème civ. — 2014-01-22 — n° 12-23.893

Résiliation, nullité ou clause résolutoire : quelle demande principale ?

La demande de nullité pour dol suppose de démontrer que, sans les faux documents, le bailleur n'aurait pas contracté. Elle est puissante, car elle anéantit le bail rétroactivement, mais elle expose à un débat plus long sur le lien entre la fraude et le consentement. La demande de résiliation pour manquements (impayés, occupation frauduleuse) est plus classique et souvent plus rapide, quitte à laisser le débat sur le faux servir à repousser des demandes reconventionnelles ou à sécuriser des dommages-intérêts.

Un cas particulier concerne les logements sociaux. L'article L482-3-1 du Code de la construction et de l'habitation prévoit qu'à l'issue d'une échéance de prorogation ouverte au locataire pour communiquer les documents et renseignements de l'article L. 441-9, à défaut de communication, les locataires sont déchus de tout titre d'occupation des locaux loués. La production de faux dans le cadre de cette communication ouvre alors la voie à une expulsion sur un fondement autonome.

A l'issue de cette échéance, les locataires sont déchus de tout titre d'occupation des locaux loués. Si, au cours de la période de prorogation mentionnée au I du présent article, les locataires communiquent au bailleur les documents et renseignements prévus au premier alinéa de l'article L. 441-9…
Article L482-3-1 du Code de la construction et de l'habitation

Sécuriser la procédure d'expulsion contre les contestations du locataire

Un dossier d'expulsion fondé sur un faux document est puissant, mais il est aussi vulnérable si les règles de preuve ne sont pas respectées. Le locataire dispose de plusieurs leviers de défense qu'il faut anticiper.

L'allégation de faux inverse formulée par le locataire

Il n'est pas rare que le locataire mis en cause riposte en contestant à son tour l'authenticité d'un document produit par le bailleur, souvent le bail lui-même, un décompte de charges ou un état des lieux. Cette stratégie vise à retarder la procédure et à créer une incertitude. Elle ne prospère pas si l'allégation reste vague.

Jurisprudence
Dans une affaire de résiliation de bail, d'expulsion et de paiement d'arriérés de loyers, la Cour de cassation a jugé que la cour d'appel n'était pas tenue de procéder à une nouvelle vérification d'écriture et pouvait, à bon droit, écarter l'allégation de faux soulevée par le locataire lorsqu'elle n'était pas étayée. Pour le bailleur, ce précédent est essentiel : une simple protestation du locataire, sans commencement de preuve, ne bloque pas la procédure.

Cass. 3ème civ. — 2020-09-10 — n° 19-11.769

L'annulation possible de l'autorisation administrative d'expulsion

Dans certaines configurations spécifiques, notamment lorsque l'expulsion est menée sur le fondement d'une autorisation administrative, la fragilité de cette autorisation peut ruiner la procédure. La jurisprudence a admis qu'un arrêté préfectoral obtenu frauduleusement puis retiré remet en cause l'expulsion prononcée sur son fondement.

Jurisprudence
L'arrêt met en cause des bailleurs qui ont recherché et poursuivi l'expulsion de leur locataire en vertu d'une dérogation à son droit au maintien dans les lieux, alors que cet arrêté préfectoral avait été obtenu frauduleusement. La cour d'appel avait confirmé l'expulsion sur le fondement d'une autorisation administrative ultérieurement retirée : la Cour de cassation censure cette logique. La leçon est double, aussi pour le bailleur honnête : un dossier d'expulsion doit reposer sur des actes administratifs eux-mêmes réguliers, sous peine de fragiliser la décision civile.

Cass. crim. — 2017-12-06 — n° 16-84.568

Faire exécuter le jugement d'expulsion du locataire fraudeur

Une fois le jugement obtenu, la partie exécutoire de la procédure commence. Elle est jalonnée de formalismes propres au droit de l'exécution qui, s'ils sont manqués, ouvrent des voies de recours au locataire.

Le commandement de quitter les lieux est délivré au locataire. À l'issue du délai, si le locataire n'a pas libéré les lieux, le commissaire de justice procède à l'expulsion et dresse un procès-verbal. Ce procès-verbal doit répondre à des exigences précises quand des biens ont été laissés sur place.

La saisine doit être effectuée, à peine d'irrecevabilité, dans le délai d'un mois à compter de la remise ou de la signification du procès-verbal d'expulsion.
Article R433-3 du Code des procédures civiles d'exécution

Ce délai d'un mois est un point de vigilance majeur. Il ouvre au locataire la possibilité de contester le sort des biens laissés sur place ou l'inventaire. Passé ce délai, la saisine est irrecevable. Pour le bailleur, la conservation d'une copie de la signification datée est indispensable, car elle fait courir le décompte.

Trêve hivernale et cas particuliers d'expulsion

L'existence d'un faux dans le dossier d'entrée du locataire ne suspend pas automatiquement l'application de la trêve hivernale. Le juge peut, dans certains cas, autoriser l'expulsion malgré la trêve lorsque l'occupation résulte d'une manœuvre frauduleuse. Cette appréciation reste circonstanciée. Le bailleur qui veut obtenir cette dérogation doit la solliciter expressément, motiver la demande sur la fraude documentée et joindre au dossier les éléments établissant le faux.

Ce qu'il faut faire maintenant

  • Réunir le dossier de candidature original signé lors de la conclusion du bail, sans y toucher, et le photographier ou le scanner intégralement pour horodater la version connue à ce jour.
  • Documenter chaque pièce suspecte par une démarche traçable : lettre à l'employeur allégué, extrait Kbis, demande écrite auprès du service émetteur du document administratif.
  • Déposer plainte pour faux et usage de faux au commissariat ou à la gendarmerie, ou directement auprès du procureur de la République, en joignant toutes les pièces réunies.
  • Faire délivrer par commissaire de justice une assignation en résiliation du bail et expulsion devant le juge des contentieux de la protection, en incluant si utile une inscription de faux visant précisément les documents contestés.
  • Prendre rendez-vous avec un avocat spécialisé en contentieux locatif dès la découverte de la fraude, pour arbitrer entre nullité pour dol et résiliation pour manquements et sécuriser la stratégie d'exécution.

Questions fréquentes

  • Un locataire peut-il être expulsé uniquement pour avoir produit de faux documents au moment de la signature du bail ?

    La production de faux documents à l'entrée dans les lieux ne provoque pas une expulsion automatique. Elle sert de fondement à une action en justice, soit en nullité du bail pour dol, soit en résiliation pour manquements. Le juge apprécie l'ampleur de la fraude, son lien avec le consentement du bailleur et les autres manquements éventuels (impayés, occupation non conforme). Une fraude établie, combinée à des impayés, conduit habituellement à une décision d'expulsion, mais seul un jugement en autorise l'exécution, matérialisée ensuite par un commandement de quitter les lieux puis un procès-verbal d'expulsion.

  • Quelle est la différence entre déposer plainte pour faux et s'inscrire en faux ?

    La plainte pour faux et usage de faux est une démarche pénale qui vise à faire condamner l'auteur d'un document falsifié. Elle se dépose auprès du procureur de la République, d'un commissariat ou d'une gendarmerie. L'inscription de faux, prévue par les articles 300 et suivants du Code de procédure civile, est une procédure civile qui permet, à l'occasion d'un procès en cours, de contester l'authenticité d'un écrit versé aux débats. Les deux voies peuvent coexister : la plainte poursuit l'auteur, l'inscription de faux vise à faire écarter la pièce dans le procès civil.

  • Combien de temps prend une procédure d'expulsion fondée sur des faux documents ?

    Il n'existe pas de délai moyen fiable. La procédure civile combine plusieurs phases : mise en demeure éventuelle, assignation, audience, jugement, signification, commandement de quitter les lieux, exécution. La présence d'une inscription de faux, la nécessité d'expertises documentaires ou l'articulation avec une procédure pénale allongent le calendrier. Certains délais sont imposés par les textes : par exemple, l'article R433-3 du Code des procédures civiles d'exécution fixe à un mois le délai pour saisir le juge à compter de la remise du procès-verbal d'expulsion, à peine d'irrecevabilité.

  • Le juge peut-il constater le faux sans qu'une procédure pénale ait été ouverte ?

    Oui, dans certains cas. L'article 646 du Code de procédure pénale prévoit que si l'action publique est éteinte ou ne peut être exercée du chef de faux, et s'il n'apparaît pas que celui qui a produit la pièce ait sciemment fait usage d'un faux, le tribunal ou la cour saisi de l'action principale statue incidemment sur le caractère de la pièce. Le juge civil peut donc, dans certaines configurations, écarter un document comme faux et en tirer les conséquences dans le procès en résiliation ou expulsion, sans attendre une condamnation pénale.

  • Que risque un locataire qui a fabriqué de faux bulletins de salaire ou un faux avis d'imposition pour obtenir un logement ?

    Il s'expose à des sanctions pénales lourdes. La détention frauduleuse d'un faux document sous seing privé, comme un bulletin de salaire ou une attestation d'employeur, est punie par l'article 441-3 du Code pénal de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende, portés à cinq ans et 75 000 euros en cas de détention de plusieurs faux. La falsification d'un document administratif, comme un avis d'imposition ou une pièce d'identité, est réprimée par l'article 441-2 du Code pénal, qui prévoit cinq ans d'emprisonnement, l'usage étant puni des mêmes peines. Le volet civil vient s'ajouter : résiliation ou nullité du bail, expulsion, dommages-intérêts.

  • Le bailleur peut-il expulser hors trêve hivernale un locataire entré grâce à de faux documents ?

    La trêve hivernale s'applique de principe à tout occupant, mais des dérogations existent, notamment lorsque l'occupation résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une entrée dans les lieux sans droit ni titre. Le juge apprécie souverainement, au regard des pièces du dossier, si la situation justifie de neutraliser la protection de la trêve. Un bailleur qui souhaite obtenir une expulsion malgré la trêve doit la demander expressément et fournir un dossier de faux solide, matérialisé, chronologiquement documenté. Sans démonstration précise, la trêve continue de s'appliquer.