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Tutelle, curatelle, sauvegarde

Biens et argent d'une personne sous tutelle : gestion, EHPAD et succession

Par Maître Valérie Pons-Tomasello · Droit de la famille et des successions12 min de lecture
Sommaire

Votre mère vient d'être placée sous tutelle. Vous découvrez son livret A, son appartement, sa pension de retraite, son contrat d'assurance-vie, et une question vous saisit : qui décide désormais de quoi, avec quel argent, et sous quel contrôle ? La gestion des biens et de l'argent d'une personne sous tutelle obéit à des règles très précises, qui changent selon que l'on parle d'un retrait au distributeur, d'une entrée en EHPAD, d'une vente immobilière ou de la succession à venir.

Le tuteur, qu'il s'agisse d'un membre de la famille ou d'un mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM), n'a pas tous les pouvoirs. Il doit faire l'inventaire, rendre des comptes chaque année, demander l'autorisation du juge pour les décisions lourdes, et préparer la succession sans jamais anticiper sur le décès. Les erreurs se paient cher : annulation d'actes, responsabilité civile du tuteur, redressement fiscal sur la succession, contentieux entre héritiers.

Ce guide suit la chronologie réelle d'une tutelle : ouverture, gestion courante, financement d'un hébergement en EHPAD, actes lourds soumis à autorisation, reddition des comptes, et préparation de la succession. Les références sont à jour des textes applicables en 2026 et de la dernière jurisprudence rendue par la Cour de cassation en décembre 2025.

  1. Étape 1 — Inventaire des biens

    Dans les trois mois de l'ouverture de la tutelle, le tuteur dresse l'inventaire des biens du majeur protégé et l'adresse au juge.

  2. Étape 2 — Gestion courante de l'argent

    Le tuteur perçoit les revenus, paie les charges et organise un budget mensuel. Aucun acte d'administration ne peut être délégué à un tiers.

  3. Étape 3 — Financement de l'EHPAD

    Le tuteur signe le contrat de séjour, demande les aides sociales et arbitre entre revenus, épargne et vente d'actifs.

  4. Étape 4 — Actes de disposition

    Vente d'un bien, clôture d'un contrat d'assurance-vie, donation : autorisation préalable du juge ou du conseil de famille obligatoire.

  5. Étape 5 — Comptes annuels

    Chaque année, le tuteur transmet le compte de gestion accompagné des justificatifs. Le défaut de reddition expose à des sanctions.

  6. Étape 6 — Préparation de la succession

    Le tuteur conserve les actifs successoraux, anticipe la déclaration fiscale et identifie les héritiers, sans jamais disposer en vue du décès.

Établir l'inventaire des biens du majeur protégé dès l'ouverture de la tutelle

L'inventaire est le premier acte du tuteur. Il fixe la photographie du patrimoine au jour de l'ouverture de la mesure et sert de référence à toutes les opérations futures. Sans inventaire fiable, impossible de prouver qu'un bien existait, qu'un compte a été clôturé légitimement, ou qu'une œuvre d'art n'a pas été soustraite. C'est aussi la pièce maîtresse que regarderont les héritiers à l'ouverture de la succession.

Le tuteur recense les comptes bancaires, livrets, assurances-vie, contrats de capitalisation, biens immobiliers (résidence principale, indivisions, parts de SCI), véhicules, mobilier de valeur, bijoux, créances, dettes, et le contenu des coffres. L'inventaire mentionne les revenus récurrents : pensions, loyers, dividendes. Une simple liste ne suffit pas : chaque bien est décrit, daté, évalué quand c'est possible.

Dans les trois mois de l'ouverture de la tutelle, le tuteur fait procéder à l'inventaire des biens de la personne protégée en présence de celle-ci si son état le permet, de son avocat le cas échéant et, le cas échéant, du subrogé tuteur. L'inventaire, dont la valeur des biens est appréciée par un commissaire de justice ou un notaire si nécessaire, est transmis au juge.
Article 502 du Code civil

L'inventaire doit être actualisé : chaque acquisition ou disparition d'un bien donne lieu à une mention. Le juge peut autoriser un délai supplémentaire si le patrimoine est complexe (entreprise, biens à l'étranger, indivisions). Pour les patrimoines significatifs ou les conflits familiaux latents, faire appel à un notaire ou à un commissaire de justice est rarement un luxe : c'est une assurance contre les contestations ultérieures.

Gérer au quotidien l'argent de la personne sous tutelle

La gestion de l'argent d'une personne sous tutelle repose sur un principe simple : le tuteur prend en main les recettes et les dépenses, mais il doit le faire avec prudence, diligence et dans l'intérêt exclusif du majeur protégé. Les comptes bancaires sont maintenus au nom de la personne protégée. Le tuteur dispose d'un pouvoir de signature, jamais d'un droit de propriété sur les fonds.

Le tuteur représente la personne protégée dans les actes nécessaires à la gestion de son patrimoine. Il est tenu d'apporter, dans celle-ci, des soins prudents, diligents et avisés, dans le seul intérêt de la personne protégée.
Article 496 du Code civil

En pratique, le tuteur établit un budget mensuel : il évalue les revenus disponibles (pension, loyers, allocations), liste les dépenses fixes (loyer ou frais d'EHPAD, mutuelle, abonnements) et dégage une enveloppe « argent de poche » remise à la personne protégée selon ses capacités. La règle est de ne pas couper le majeur de toute manipulation d'espèces quand cela reste possible : un retrait hebdomadaire en numéraire, l'usage d'une carte bancaire à plafond limité, le maintien d'un compte personnel font partie d'une bonne gestion.

La Cour de cassation a rappelé en décembre 2025 une limite stricte : le tuteur ne peut pas déléguer à un tiers les actes d'administration emportant paiement ou encaissement de sommes d'argent. Confier la gestion à un proche, à un voisin ou à un prestataire non habilité expose à la nullité des opérations et à la responsabilité personnelle du tuteur.

Jurisprudence
Le mandat donné par le tuteur ne peut comporter aucun acte de disposition ni aucun acte d'administration emportant paiement ou encaissement de sommes d'argent par ou pour la personne protégée. Le tuteur ne peut autoriser un tiers à percevoir les revenus ni à payer les dettes du majeur protégé en son lieu et place.

Cour de cassation — 2025-12-05 — n° 25-70.019

Quand le tuteur est un mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM), sa rémunération est prélevée sur les revenus et le patrimoine de la personne protégée, dans la limite d'un barème annuel fixé par décret. Le barème applicable en 2026 sera publié en début d'année et tiendra compte des ressources et du patrimoine du majeur. Le tuteur familial, lui, exerce en principe gratuitement, mais peut demander au juge une indemnité dans les patrimoines lourds.

Le financement de la mesure de protection juridique des majeurs ordonnée par l'autorité judiciaire est à la charge totale ou partielle de la personne protégée en fonction de ses ressources, selon les modalités prévues par le Code de l'action sociale et des familles.
Article 419 du Code civil

Financer l'EHPAD avec les biens du majeur sous tutelle

L'entrée en EHPAD est le déclencheur le plus fréquent d'une réorganisation patrimoniale en tutelle. Les frais d'hébergement représentent souvent 2 000 à 3 500 euros par mois, parfois davantage en région parisienne. Les revenus courants ne suffisent plus, et le tuteur doit arbitrer entre épargne, vente d'actifs, sollicitation des obligés alimentaires et demande d'aide sociale.

La signature du contrat de séjour

Le contrat de séjour est signé par le tuteur, après recueil de l'avis de la personne protégée chaque fois que son état le permet. Le tuteur vérifie la composition du tarif (hébergement, dépendance, soins), les conditions de résiliation, les modalités de révision du prix et les frais accessoires. Un contrat mal lu peut coûter cher : provisions exigées à l'entrée, augmentation annuelle non encadrée, frais de blanchisserie en sus.

Vendre la résidence principale du majeur protégé

La vente de la résidence principale d'un majeur sous tutelle est un acte de disposition. Elle exige l'autorisation préalable du juge des contentieux de la protection (ex-juge des tutelles), accompagnée d'une évaluation par un notaire ou un commissaire de justice. Le juge vérifie la nécessité économique de la vente (financement de l'EHPAD), l'absence d'alternative et le caractère cohérent du prix. Une vente conclue sans autorisation est nulle, et le tuteur engage sa responsabilité.

Quand la vente n'est pas indispensable, le tuteur peut envisager la location du logement, qui génère un revenu complémentaire, ou un viager. Chaque option a ses contraintes fiscales et patrimoniales : les héritiers présomptifs ne disposent d'aucun droit d'opposition tant que la mesure court, mais le tuteur doit motiver son choix dans une logique d'intérêt exclusif du majeur protégé.

Obtenir l'autorisation du juge pour les actes de disposition sur les biens du majeur protégé

Le Code civil distingue trois catégories d'actes : les actes conservatoires (réparation urgente, paiement d'une dette exigible), les actes d'administration (encaissement des loyers, paiement des charges) et les actes de disposition (vente, donation, emprunt, arbitrage d'assurance-vie). Le tuteur accomplit seul les deux premières catégories. Pour les actes de disposition, il doit demander l'autorisation préalable du juge ou, lorsqu'il existe, du conseil de famille.

La requête est adressée au juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire compétent. La Cour de cassation a précisé que c'est le juge du lieu de résidence habituelle de la personne protégée qui est territorialement compétent, y compris quand le majeur a été déplacé en EHPAD dans un autre département. Une requête déposée au mauvais tribunal allonge inutilement les délais.

Jurisprudence
Le juge des tutelles territorialement compétent est celui du lieu de la résidence habituelle de la personne à protéger. Cette règle de compétence s'applique pour l'ouverture comme pour les actes ultérieurs nécessitant autorisation.

Cour de cassation — 2022-09-21 — n° 19-15.438

La requête doit être motivée : description de l'acte projeté, justification économique, intérêt du majeur protégé, évaluation indépendante quand le bien est immobilier ou complexe. Le juge peut auditionner le tuteur, le majeur protégé, le subrogé tuteur, voire les proches. La décision prend généralement plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. Anticiper est essentiel : un compromis de vente signé sans autorisation préalable est sous condition suspensive, et la chaîne se grippe vite.

Certains actes sont strictement encadrés ou interdits, même avec autorisation. Le tuteur ne peut pas accepter ou refuser une succession au nom du majeur protégé sans habilitation expresse du juge. Il ne peut pas modifier les clauses bénéficiaires d'une assurance-vie sans contrôle judiciaire renforcé. Il ne peut jamais consentir une donation au profit de lui-même, de son conjoint, de ses ascendants ou descendants.

Rendre les comptes annuels de gestion de la tutelle au juge

Chaque année, le tuteur établit un compte de gestion qui retrace l'ensemble des opérations effectuées sur les biens et les comptes du majeur protégé. C'est l'instrument central du contrôle judiciaire et, plus tard, le document que les héritiers examineront ligne par ligne.

Le compte se compose d'un état des recettes (pensions, loyers, intérêts, ventes), d'un état des dépenses (frais de séjour, charges, impôts, frais médicaux, rémunération du MJPM), d'un récapitulatif du patrimoine au 1er janvier et au 31 décembre, et des pièces justificatives associées (relevés bancaires, factures, contrats). Pour les patrimoines significatifs, le juge peut désigner un professionnel qualifié (commissaire de justice, expert-comptable, notaire) pour vérifier le compte.

Le compte annuel est transmis au greffe du tribunal judiciaire, en pratique au directeur des services de greffe judiciaires qui en assure la vérification. Le subrogé tuteur, quand il a été désigné, contresigne le compte. La personne protégée peut, si son état le permet, prendre connaissance du compte et formuler des observations. Le défaut de transmission du compte expose le tuteur à des injonctions, à une astreinte, voire au remplacement par décision du juge.

Anticiper la succession de la personne sous tutelle

La tutelle prend fin avec le décès du majeur protégé. Jusqu'à ce jour, le tuteur ne peut pas agir « en vue de la succession » : disposer pour préparer un partage, vider les comptes au profit d'un héritier, anticiper des donations. La Cour de cassation l'a rappelé : la mesure court jusqu'au décès, et la gestion patrimoniale en porte la marque jusqu'au dernier jour.

Jurisprudence
Le majeur peut rester placé sous tutelle jusqu'à son décès, et tous les actes de gestion patrimoniale demeurent soumis aux règles de la tutelle jusqu'à cette date, y compris dans les derniers mois où la perspective successorale est connue des proches.

Cour de cassation — 2015-07-08 — n° 14-17.768

Ce que le tuteur peut anticiper sans excéder ses pouvoirs

Le tuteur a tout intérêt à organiser le patrimoine pour faciliter le règlement de la succession : tenir à jour la liste des héritiers connus, conserver les contrats d'assurance-vie sans modification non nécessaire, archiver les actes notariés, recenser les dettes (notamment la facture de l'EHPAD du dernier mois, qui restera à régler par la succession). Il évite les opérations qui modifient l'équilibre patrimonial sans nécessité économique pour le majeur.

Les obligations fiscales au jour du décès

Au décès, la succession s'ouvre selon les règles de droit commun. Les héritiers disposent d'un délai de six mois (douze mois si le décès est survenu à l'étranger) pour déposer la déclaration de succession et acquitter les droits dus. La passivité du tuteur entre le décès et la prise en main par les héritiers ne suspend pas ces délais.

Les parties sont tenues de faire connaître, dans tout acte ou déclaration ayant pour objet une transmission entre vifs ou par décès, s'il existe ou non des donations antérieures consenties à un titre et sous une forme quelconque par le donateur ou le défunt.
Article 784 du Code général des impôts

L'article 788 du Code général des impôts autorise la déduction du passif successoral : dettes du défunt à la date du décès, frais funéraires dans la limite prévue par la loi, et certaines créances spécifiques. La rémunération du MJPM impayée au jour du décès est un passif déductible. Les héritiers doivent en apporter la preuve par des justificatifs précis : décisions de fixation, factures, échéanciers.

Depuis l'article 774 bis du Code général des impôts, certaines dettes contractées par le défunt en faveur de ses héritiers ne sont plus déductibles de l'actif successoral, sauf à démontrer leur réalité économique. Cette règle vise à neutraliser les schémas par lesquels un héritier se crée une créance artificielle contre le défunt pour réduire l'assiette taxable. Quand le tuteur est lui-même héritier, la vigilance s'impose : tout flux entre lui et la personne protégée doit être impeccablement documenté.

Ne sont pas déductibles de l'actif successoral les dettes de restitution exigibles qui portent sur une somme d'argent dont le défunt s'était réservé l'usufruit, sous réserve des cas et conditions fixés par la loi.
Article 774 bis du Code général des impôts

Ce qu'il faut faire maintenant

  • Vérifier que l'inventaire des biens du majeur protégé a bien été dressé dans les trois mois de l'ouverture de la tutelle et adressé au juge.
  • Mettre en place un suivi mensuel des recettes et dépenses, archiver les justificatifs et préparer le compte annuel au fil de l'eau plutôt qu'en bloc en fin d'année.
  • Avant toute vente immobilière ou arbitrage d'assurance-vie, déposer une requête motivée auprès du juge des contentieux de la protection du lieu de résidence du majeur.
  • Recenser les donations antérieures et les contrats d'assurance-vie pour anticiper la déclaration de succession et éviter un redressement fiscal.
  • Solliciter un avocat ou un notaire dès qu'apparaît un conflit familial, un soupçon de captation, ou une difficulté avec un cohéritier sur la gestion passée.

Questions fréquentes

  • Le tuteur peut-il utiliser l'argent de la personne sous tutelle pour ses propres besoins ?

    Non, jamais. Le tuteur gère le patrimoine dans l'intérêt exclusif du majeur protégé. Toute utilisation des fonds à des fins personnelles, même remboursée ensuite, expose le tuteur à une révocation, à une condamnation civile et, selon les cas, à des poursuites pénales pour abus de confiance. Le tuteur familial qui exerce gratuitement peut, dans certains patrimoines lourds, solliciter une indemnité encadrée auprès du juge, mais il ne se sert jamais directement. Quand le tuteur est un MJPM professionnel, sa rémunération est prélevée selon un barème national fixé chaque année par décret.

  • Qui paie l'EHPAD quand les revenus de la personne sous tutelle ne suffisent pas ?

    Le tuteur arbitre dans cet ordre : revenus courants (pension, loyers), épargne disponible, vente d'actifs non essentiels avec autorisation du juge, demande d'aide sociale à l'hébergement (ASH) auprès du département. L'ASH peut être récupérée sur la succession et sollicite les obligés alimentaires (enfants, gendres, brus). Une rente viager ou une location de la résidence principale sont des alternatives à explorer avant toute vente. Chaque décision se prend dans l'intérêt du majeur protégé, après autorisation judiciaire pour les actes de disposition.

  • Le tuteur peut-il vendre la maison d'une personne sous tutelle sans l'accord des enfants ?

    Oui. Les enfants ne sont pas héritiers tant que le majeur protégé est vivant : ils ne disposent d'aucun droit de veto ni de consentement obligatoire. La seule autorisation nécessaire est celle du juge des contentieux de la protection, qui statue sur requête motivée du tuteur. En revanche, le juge entend volontiers les proches et tient compte de leur position. Les enfants peuvent contester la vente s'ils démontrent qu'elle a été conclue sans nécessité économique, à un prix manifestement sous-évalué ou en violation des règles de procédure.

  • Combien de temps faut-il conserver les comptes de tutelle après le décès ?

    Les comptes annuels, les justificatifs et les pièces de gestion doivent être conservés au moins cinq ans après la reddition finale des comptes. En pratique, mieux vaut conserver dix ans : le délai pour contester un acte de disposition court jusqu'à cinq ans à partir de la connaissance de l'acte, et les héritiers peuvent demander des explications sur l'ensemble de la gestion à l'ouverture de la succession. Le tuteur garde aussi une copie de l'inventaire initial, des autorisations judiciaires et des comptes annuels validés par le greffe.

  • Les dettes de la personne sous tutelle sont-elles transmises aux héritiers ?

    Oui, les dettes du majeur protégé non éteintes au jour du décès intègrent le passif successoral. Les héritiers qui acceptent purement et simplement la succession sont tenus de payer ces dettes, y compris la rémunération du MJPM ou les frais d'EHPAD impayés. Ils peuvent accepter la succession à concurrence de l'actif net pour limiter leur engagement à ce que la succession contient effectivement, ou y renoncer. La décision se prend après inventaire, dans le délai légal, avec l'aide d'un notaire pour évaluer les risques.

  • Un tuteur peut-il faire une donation au nom de la personne sous tutelle ?

    Exceptionnellement, oui, avec autorisation du juge ou du conseil de famille. La donation doit présenter un intérêt patrimonial ou moral clair pour le majeur protégé, et non pour son entourage. Le tuteur ne peut jamais consentir une donation à son propre profit, à celui de son conjoint, de ses ascendants ou descendants. Les donations en vue de réduire l'assiette des futurs droits de succession sont systématiquement examinées de près par le juge, qui vérifie que la mesure ne sert pas d'abord les héritiers présomptifs au détriment du majeur.