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Redressement judiciaire

Redressement judiciaire et banque : gérer vos crédits et sûretés étape par étape

Par Maître Gabriel Aknin · Avocat en droit des affaires et M&A12 min de lecture
Sommaire

Votre entreprise entre en redressement judiciaire, et votre banque tient plusieurs cordes du même nœud : un découvert autorisé, un ou deux prêts amortissables, peut-être un crédit-bail, souvent une caution personnelle du dirigeant, parfois une hypothèque sur les murs. Dès le jugement d'ouverture, chacun de ces contrats change de régime. Les échéances futures ne sont plus payées comme avant, les poursuites individuelles s'arrêtent, la banque devient un créancier parmi d'autres qui doit se soumettre à la procédure collective.

La question qui se pose au dirigeant n'est pas théorique. Elle est opérationnelle : que faire des relations bancaires dans les jours qui suivent le jugement, comment répondre aux courriers du mandataire judiciaire, faut-il continuer à honorer certaines lignes, quel sort réserver aux cautions personnelles, quelle marge de négociation existe encore avec le chargé d'affaires. Ce guide décrit, étape par étape, la conduite à tenir depuis la préparation du dépôt de bilan jusqu'à l'adoption du plan de redressement, du point de vue précis des rapports avec l'établissement prêteur.

Comptez, en pratique, entre douze et vingt-quatre mois entre le jugement d'ouverture et l'exécution effective d'un plan de continuation. Chaque étape a ses délais propres et ses pièges spécifiques côté banque.

  1. Étape 1 — Cartographier vos engagements bancaires avant le dépôt

    Recenser tous les concours en cours, les sûretés attachées et les cautions personnelles. Cette photographie conditionne toute la stratégie qui suit.

  2. Étape 2 — Déclarer la cessation des paiements et obtenir le jugement d'ouverture

    Saisir le tribunal compétent dans le délai légal après la cessation des paiements. C'est ce jugement qui déclenche l'arrêt des poursuites bancaires individuelles.

  3. Étape 3 — Notifier l'ouverture à la banque et suivre la déclaration de créance

    La banque déclare son passif au mandataire judiciaire dans le délai imparti à compter de la publication au BODACC. Un défaut de déclaration lui fait perdre sa créance dans la procédure.

  4. Étape 4 — Gérer la période d'observation et les concours nouveaux

    Distinguer les créances antérieures gelées et les créances postérieures utiles à la poursuite d'activité, qui bénéficient d'un régime de faveur. Sécuriser la trésorerie courante.

  5. Étape 5 — Négocier le plan de redressement avec le pool bancaire

    Proposer un échéancier de remboursement au tribunal, consulter les créanciers, obtenir un plan pouvant s'étaler sur plusieurs années. Les cautions personnelles suivent leur propre régime.

  6. Étape 6 — Exécuter le plan et éviter la résolution

    Respecter chaque échéance du plan homologué. Un défaut peut entraîner la résolution du plan et l'ouverture d'une liquidation judiciaire.

Étape 1 — Cartographier vos engagements bancaires avant l'ouverture du redressement judiciaire

Avant même de saisir le tribunal, prenez le temps d'établir un inventaire exhaustif de vos relations bancaires. Cette étape est trop souvent expédiée. Elle conditionne pourtant l'ensemble de la stratégie qui va se déployer sur les mois suivants, notamment le sort réservé aux cautions personnelles du dirigeant, qui sont presque toujours l'enjeu patrimonial le plus lourd.

Pour chaque banque, identifiez : les comptes courants et leurs soldes, les autorisations de découvert, les prêts amortissables avec leur capital restant dû et leur tableau d'amortissement, les crédits-bails et locations financières, les lignes d'escompte ou de Dailly, les cautions bancaires données à des tiers (bailleur, administration fiscale, marchés publics), et enfin, pour chaque prêt, la liste précise des sûretés consenties, réelles comme personnelles.

Repérer les sûretés réelles et les cautions personnelles adossées à vos crédits

Les sûretés réelles, hypothèque sur un immeuble, nantissement de fonds de commerce, gage sur matériel, restent en principe attachées à la créance dans la procédure collective. Elles conservent leur rang, sauf mécanismes particuliers de cession ou d'abandon prévus par la loi. L'article 1929 septies du Code général des impôts autorise ainsi, en cas de redressement judiciaire, des cessions de rang de privilège ou d'hypothèque garantissant les créances du Trésor public, ce qui peut débloquer certaines négociations.

En cas de redressement judiciaire, des cessions de rang de privilège ou d'hypothèque visant à garantir les créances du Trésor public ou l'abandon de ces sûretés peuvent être consentis dans les conditions prévues par le texte.
Article 1929 septies du Code général des impôts

Les cautions personnelles du dirigeant, elles, obéissent à un régime distinct. Elles ne sont pas effacées par l'ouverture du redressement, mais bénéficient de règles protectrices propres à la procédure collective. La Cour de cassation a rappelé, dans un arrêt du 2 juillet 2025, que le sort de la créance bancaire dans le passif du repreneur ne modifie pas mécaniquement l'obligation de la caution : c'est le contrat de cautionnement, dans ses termes propres, qui continue de gouverner l'engagement.

Jurisprudence
Le rejet de la créance de la banque au passif du redressement judiciaire du repreneur est sans incidence sur l'obligation de l'emprunteur initial, et partant sur celle de sa caution.

Cass. com. — 2025-07-02 — n° 24-13.481

Étape 2 — Déclarer la cessation des paiements et obtenir le jugement de redressement judiciaire

La déclaration de cessation des paiements, communément appelée « dépôt de bilan », se fait au greffe du tribunal de commerce compétent pour une société commerciale, ou du tribunal judiciaire pour les autres justiciables. Elle intervient lorsque l'actif disponible ne permet plus de faire face au passif exigible. Le rôle de la banque, à ce stade, est indirect mais réel : c'est souvent la dénonciation d'un découvert, le rejet de prélèvements, ou la clôture d'une ligne d'escompte qui matérialise l'impossibilité de continuer.

Le tribunal, saisi de la demande, vérifie les conditions d'ouverture puis statue. L'article L. 631-7 du Code de commerce prévoit que les articles L. 621-1, L. 621-2 et L. 621-3 sont applicables à la procédure de redressement judiciaire, et que le tribunal statue, le cas échéant, sur l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire dans la même décision.

Les articles L. 621-1, L. 621-2 et L. 621-3 sont applicables à la procédure de redressement judiciaire. Le tribunal statue ensuite, dans la même décision, sur la demande de redressement judiciaire et, le cas échéant, sur l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire.
Article L631-7 du Code de commerce

La finalité de la procédure est fixée par l'article L. 631-1 du Code de commerce : permettre la poursuite de l'activité, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif, comme l'a rappelé la Cour de cassation dans un arrêt du 12 juin 2024. C'est dans ce cadre que se lisent les rapports avec la banque : ni règlement immédiat ni effacement, mais un traitement collectif, ordonné, soumis au contrôle du tribunal.

Jurisprudence
La procédure de redressement judiciaire est destinée à permettre la poursuite de l'activité de l'entreprise, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif.

Cass. com. — 2024-06-12 — n° 22-16.626

Ce que produit immédiatement le jugement d'ouverture face à la banque

Deux effets sont à retenir. D'une part, l'arrêt des poursuites individuelles : la banque ne peut plus, à compter du jugement, engager ou poursuivre une action tendant au paiement de créances antérieures. La Cour de cassation, dans un arrêt du 20 avril 2022, l'a rappelé pour une saisie des rémunérations, dont la procédure devait être interrompue à compter du jugement d'ouverture. D'autre part, les créances non échues au jour du jugement ne deviennent pas automatiquement exigibles : la banque ne peut pas prononcer une déchéance du terme au seul motif du redressement.

Jurisprudence
La cour d'appel aurait dû constater l'arrêt de la procédure de saisie des rémunérations engagée par la banque à compter du jugement d'ouverture du redressement judiciaire.

Cass. com. — 2022-04-20 — n° 19-25.162

Étape 3 — Notifier l'ouverture à la banque et suivre la déclaration de créance au passif

Le jugement d'ouverture est publié au BODACC. La banque, informée par cette publication et le plus souvent avertie directement par le mandataire judiciaire, doit déclarer sa créance dans le délai légal de déclaration. Cette déclaration est une formalité substantielle : à défaut, la créance ne pourra pas être payée dans la procédure et son titulaire sera privé du droit de vote sur le plan.

Dans un arrêt du 1er mars 2016, la Cour de cassation a jugé que, après ouverture d'un redressement judiciaire, la banque devait déclarer sa créance et que les dispositions applicables ne permettaient pas de rendre exigibles les créances non échues à la date d'ouverture. Autrement dit : la banque déclare l'intégralité de ce qui est dû, échu et à échoir, mais elle ne peut réclamer une exigibilité anticipée fondée sur la seule procédure.

Jurisprudence
Après l'ouverture d'un redressement judiciaire, la banque déclare sa créance ; les dispositions applicables ne permettent pas de rendre exigibles les créances non échues à la date de l'ouverture du redressement judiciaire.

Cass. com. — 2016-03-01 — n° 14-20.553

Comment suivre concrètement la déclaration de créance côté débiteur

Vous n'êtes pas passif dans cette étape. Le débiteur doit remettre au mandataire judiciaire, dès l'ouverture, la liste certifiée de ses créanciers avec le montant de leurs dettes, les sûretés dont ils bénéficient et les principaux contrats en cours. Cette liste sert de base au contrôle des déclarations. Contrôlez que la banque déclare le bon capital restant dû, les bons intérêts arrêtés à la date du jugement, et qu'elle n'ajoute pas d'intérêts postérieurs sur des créances qui n'y ont pas droit.

Une déclaration erronée en surestimation pèsera sur les votes du plan et sur le montant global à rembourser. Une déclaration en sous-estimation, à l'inverse, vous protège. C'est au juge-commissaire qu'il reviendra ensuite d'admettre ou de rejeter chaque créance, en tenant compte de vos observations éventuelles.

Étape 4 — Gérer la période d'observation et sécuriser les concours bancaires nouveaux

S'ouvre alors la période d'observation, pendant laquelle l'activité se poursuit sous le regard de l'administrateur judiciaire, quand il en est désigné, et du juge-commissaire. C'est la phase la plus tendue avec la banque : les créances antérieures sont gelées, mais l'entreprise a besoin de trésorerie courante pour tourner. La distinction cardinale est celle des créances antérieures et des créances postérieures utiles au maintien de l'activité, ces dernières bénéficiant d'un régime de faveur qui leur permet d'être payées à leur échéance.

En pratique, cela signifie que la banque qui accepte de maintenir une ligne d'escompte ou d'accorder un crédit court terme pendant l'observation le fait, en général, en contrepartie d'une créance dite « postérieure méritante », mieux traitée que le passif ancien. Toute nouvelle facilité doit être documentée précisément : objet, montant, échéance, garanties nouvelles éventuelles.

Comment traiter les cautions bancaires en cours

Les cautions données par la banque à des tiers, garantie de loyers, caution de marché public, garantie fiscale, ne sont pas mécaniquement remises en cause par l'ouverture du redressement. Elles continuent en principe à produire leurs effets, mais chaque appel de garantie par le bénéficiaire génère une nouvelle créance de recours de la banque contre le débiteur, à traiter dans le cadre de la procédure collective. Un tri est souvent nécessaire pour ne conserver que les cautions indispensables à la poursuite d'activité.

Le sort des créances postérieures et l'articulation avec les sûretés fiscales et sociales

La valeur locative des immobilisations corporelles fait l'objet d'un traitement particulier en cas de redressement judiciaire. L'article 1518 B du Code général des impôts prévoit que cette valeur ne peut, pendant la procédure et dans les deux années suivant sa clôture, être inférieure à 50 % de son montant, avec des règles spécifiques en cas de cession ou de liquidation. Ce mécanisme concerne la fiscalité locale de l'entreprise et influe indirectement sur la trésorerie disponible pour honorer les concours nouveaux.

En cas de redressement judiciaire, la valeur locative des immobilisations corporelles ne peut, pendant la procédure et dans les deux années suivant la clôture de celle-ci, être inférieure à 50 % de son montant, jusqu'à la deuxième année suivant celle du jugement ordonnant la cession ou autorisant la cession d'actifs en cours de période d'observation.
Article 1518 B du Code général des impôts

Étape 5 — Négocier le plan de redressement judiciaire avec le pool bancaire

Au terme de la période d'observation, deux issues sont possibles : l'arrêté d'un plan de redressement qui prévoit l'apurement du passif par des remboursements échelonnés, ou, à défaut, la liquidation judiciaire. L'article L. 631-22 du Code de commerce prévoit expressément que si l'arrêté d'un plan de redressement ne peut être obtenu, le tribunal prononce la liquidation judiciaire et met fin à la période d'observation ainsi qu'à la mission de l'administrateur.

Si l'arrêté d'un plan de redressement ne peut être obtenu, le tribunal prononce la liquidation judiciaire et met fin à la période d'observation ainsi qu'à la mission de l'administrateur.
Article L631-22 du Code de commerce

Le pool bancaire est consulté par le mandataire judiciaire sur les propositions de règlement du passif. Chaque créancier peut accepter les délais et remises proposés, ou les refuser. En pratique, un plan pouvant s'étaler sur plusieurs années sera d'autant mieux accueilli par les banques qu'il repose sur des prévisionnels crédibles, un suivi rigoureux de la trésorerie et, souvent, un renforcement des sûretés en contrepartie de l'étalement consenti.

Le sort spécifique des cautions et coobligés dans le plan

Les cautions personnelles du dirigeant ne bénéficient pas automatiquement des délais et remises consentis par la banque dans le plan. Certaines protections légales existent, mais elles sont techniques et dépendent de la qualité de la caution (personne physique, dirigeant, tiers) et de la nature du concours. C'est un point à négocier explicitement avec la banque avant même le vote du plan, en particulier lorsque la caution porte sur un immobilier familial.

Les compagnies d'assurance placées dans une entreprise en redressement peuvent, sur autorisation du tribunal, verser les prestations aux salariés pour apurer leurs créances, en vertu de l'article 998 du Code général des impôts. Ce mécanisme, spécifique aux assureurs, illustre la logique générale : chaque créancier structurant peut être autorisé à des paiements ciblés qui sécurisent la poursuite d'activité.

Lorsque l'entreprise a fait l'objet d'une procédure de redressement judiciaire, la société ou compagnie d'assurances peut, en cas de cession ou de liquidation judiciaire, être autorisée par le tribunal qui a ouvert la procédure à verser les prestations aux salariés de l'entreprise et à apurer ainsi leurs créances.
Article 998 du Code général des impôts

Étape 6 — Exécuter le plan et prévenir la résolution du redressement judiciaire

Une fois le plan arrêté par le tribunal, chaque échéance devient contraignante. Le non-paiement d'une échéance peut entraîner, à la demande d'un créancier ou du commissaire à l'exécution du plan, la résolution du plan. La Cour de cassation, dans un arrêt du 25 octobre 2023, a rappelé les règles applicables au jugement de résolution du plan de redressement, dans le prolongement des dispositions du Code de commerce qui organisent cette sanction.

Jurisprudence
Sur le fondement de l'article L. 626-27, I, alinéa 4, du Code de commerce, rendu applicable au redressement judiciaire par l'article L. 631-19, le jugement prononçant la résolution du plan de redressement produit des effets déterminés par la loi.

Cass. com. — 2023-10-25 — n° 22-13.185

En pratique, un écart de trésorerie doit être anticipé, discuté avec le commissaire à l'exécution du plan et, si nécessaire, matérialisé par une demande de modification du plan devant le tribunal. Attendre que la banque provoque la résolution est le pire scénario : la liquidation judiciaire devient alors le débouché quasi mécanique, avec ouverture des poursuites contre les cautions personnelles.

Piloter la relation bancaire pendant toute la durée du plan

Instaurez un rythme trimestriel d'échange avec chaque banque, communiquez les indicateurs clés (chiffre d'affaires, marge, trésorerie disponible), et signalez sans délai tout événement susceptible d'affecter la capacité d'honorer les échéances. Ce n'est pas de la transparence naïve, c'est ce qui préserve la confiance et rend possibles, le moment venu, les ajustements sans passer par le contentieux.

Ce qu'il faut faire maintenant

  • Établir la cartographie complète de vos engagements bancaires : prêts, découverts, crédits-bails, cautions, sûretés
  • Recenser toutes les cautions personnelles du dirigeant et identifier celles adossées à un patrimoine familial
  • Prendre rendez-vous avec un avocat en procédures collectives avant tout dépôt de bilan pour valider la stratégie bancaire
  • Contrôler, dès leur réception, chaque déclaration de créance bancaire pour repérer erreurs ou surestimations
  • Instaurer un reporting trimestriel avec chaque banque dès l'ouverture, et le poursuivre pendant toute l'exécution du plan

Questions fréquentes

  • La banque peut-elle prononcer la déchéance du terme d'un prêt à l'ouverture du redressement judiciaire ?

    Non, l'ouverture du redressement judiciaire ne rend pas exigibles les créances qui n'étaient pas échues au jour du jugement. La Cour de cassation l'a rappelé dans un arrêt du 1er mars 2016, en jugeant que les dispositions applicables ne permettent pas de rendre exigibles les créances non échues à la date d'ouverture. La banque doit déclarer sa créance au passif, échue et à échoir, mais elle ne peut réclamer un paiement anticipé du seul fait de la procédure. Les clauses contractuelles prévoyant une déchéance automatique en cas de redressement sont, à cet égard, tenues en échec.

  • Que deviennent les cautions personnelles du dirigeant après l'ouverture de la procédure ?

    Les cautions personnelles ne sont pas effacées par le redressement judiciaire. Elles obéissent à un régime propre, avec certaines protections spécifiques aux procédures collectives, mais la banque conserve un droit d'agir contre le patrimoine personnel du dirigeant. La Cour de cassation, dans un arrêt du 2 juillet 2025, a rappelé que le sort de la créance dans le passif du repreneur n'affecte pas mécaniquement l'obligation de la caution. C'est un point à traiter explicitement dans la négociation du plan, en particulier lorsque la caution porte sur un immobilier familial.

  • La banque peut-elle poursuivre une saisie engagée avant le jugement d'ouverture ?

    Non. Le jugement d'ouverture entraîne l'arrêt des poursuites individuelles, y compris pour les procédures d'exécution en cours. Dans un arrêt du 20 avril 2022, la Cour de cassation a censuré une décision qui n'avait pas constaté l'arrêt d'une saisie des rémunérations engagée par une banque à compter du jugement d'ouverture du redressement judiciaire. La banque doit alors déclarer sa créance dans la procédure collective et attendre le traitement du passif via le plan ou la liquidation.

  • Que se passe-t-il si la banque ne déclare pas sa créance dans les délais ?

    La banque qui n'a pas déclaré sa créance dans le délai imparti, et qui n'obtient pas de relevé de forclusion, ne peut pas être payée dans la procédure collective. Elle perd également son droit de vote sur le plan. Sa sûreté peut, selon les cas, être également affectée dans son opposabilité à la procédure. Pour le débiteur, ce défaut est en principe favorable : la créance concernée n'entrera pas dans le passif à apurer. Mais elle pourra réapparaître à l'égard de la caution, ce qui rend le sujet plus complexe qu'il n'y paraît.

  • Peut-on obtenir un nouveau crédit bancaire pendant la période d'observation ?

    Oui, mais dans un cadre encadré. Les créances postérieures utiles à la poursuite de l'activité bénéficient d'un régime de faveur, ce qui rend possible l'octroi de concours de trésorerie ou de financements ciblés pendant la période d'observation. Toute nouvelle facilité doit être documentée précisément et, selon les cas, autorisée par le juge-commissaire. En pratique, les banques restent prudentes et exigent souvent des garanties nouvelles ou l'implication d'organismes de contre-garantie publique.

  • Que se passe-t-il si une échéance du plan de redressement n'est pas honorée ?

    Le non-paiement d'une échéance peut conduire à la résolution du plan, prononcée par le tribunal sur demande d'un créancier ou du commissaire à l'exécution du plan. La Cour de cassation, dans un arrêt du 25 octobre 2023, a rappelé les règles applicables à ce jugement de résolution. L'issue habituelle est alors l'ouverture d'une liquidation judiciaire, avec toutes ses conséquences, notamment la mise en jeu des cautions personnelles. Il est presque toujours préférable de solliciter une modification du plan en amont plutôt que de subir la résolution.