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Contrat commercial & rupture

Location-gérance et bail commercial : le guide des 6 étapes à respecter

Par Maître Gabriel Aknin · Avocat en droit des affaires et M&A12 min de lecture
Sommaire

Vous êtes commerçant, propriétaire d'un fonds de commerce exploité dans un local pris à bail commercial. Vous envisagez de confier l'exploitation à un tiers par un contrat de location-gérance : vous conservez la propriété du fonds, le gérant verse une redevance, le bail reste à votre nom. L'opération paraît simple. Elle est en réalité encadrée par des règles strictes du Code de commerce et peut, mal menée, entraîner la nullité du contrat et la perte du droit au renouvellement du bail commercial.

Trois pièges reviennent systématiquement en cabinet. Le propriétaire oublie qu'il doit avoir exploité le fonds pendant deux ans avant de pouvoir le mettre en gérance. Il omet de solliciter l'accord écrit du bailleur alors que le bail commercial l'exige expressément. Il laisse passer les publicités légales obligatoires. Résultat probable : contrat nul, créanciers du gérant qui se retournent contre lui, bailleur qui dispose d'un motif de résiliation.

Ce guide détaille les six étapes à respecter pour articuler proprement location-gérance et bail commercial, du contrôle des conditions préalables à la préparation du renouvellement. Chaque étape renvoie aux articles du Code de commerce applicables, aux arrêts de la Cour de cassation structurants, et signale les décisions à ne pas prendre seul.

  1. Étape 1 : Vérifier les conditions légales d'accès à la location-gérance

    Deux années d'exploitation personnelle du fonds, qualité de commerçant, absence d'interdiction d'exercer. Sans ces conditions, le contrat encourt la nullité.

  2. Étape 2 : Obtenir l'autorisation du bailleur

    Lecture précise de la clause du bail commercial relative à la location-gérance et recueil d'un accord écrit lorsqu'il est exigé.

  3. Étape 3 : Rédiger le contrat de location-gérance

    Durée, redevance, inventaire du fonds, obligations respectives, clauses de non-concurrence et de restitution. L'imprécision expose à la requalification en bail commercial.

  4. Étape 4 : Publier l'opération et déclarer les changements

    Insertion dans un journal d'annonces légales dans les quinze jours, inscription modificative au registre du commerce et des sociétés, information de l'administration fiscale.

  5. Étape 5 : Suivre l'exécution du contrat

    Encaissement de la redevance, surveillance de l'activité du gérant, respect des obligations issues du bail commercial, gestion des incidents de paiement.

  6. Étape 6 : Préparer la fin et le renouvellement du bail

    Restitution du fonds, inventaire contradictoire, anticipation de la demande de renouvellement du bail commercial et des recours propres au bailleur.

Vérifier les conditions légales préalables à la location-gérance d'un fonds en bail commercial

Avant tout engagement, vous devez contrôler que vous avez le droit de confier votre fonds en gérance. Le Code de commerce impose une condition de durée d'exploitation personnelle. L'article L144-3 du Code de commerce prévoit que le propriétaire du fonds doit avoir exercé pendant au moins deux années la profession de commerçant ou, selon le cas, les fonctions de gérant ou de directeur commercial ou technique, et avoir exploité pendant deux années au moins le fonds mis en gérance.

« [...] équivalente les fonctions de gérant ou de directeur commercial ou technique et avoir exploité pendant deux années au moins le fonds ou l'établissement artisanal mis en gérance. [...] Toutefois, ne peuvent consentir une location-gérance les personnes visées par l'article 1er de la loi n° 47-1635 du 30 août 1947. »
Article L144-3 du Code de commerce

La sanction est redoutable. L'article L144-10 du Code de commerce frappe de nullité tout contrat de location-gérance consenti par un propriétaire ne remplissant pas les conditions. Cette nullité peut être invoquée par tout intéressé, y compris le bailleur du local commercial. Elle emporte un risque collatéral majeur : la déchéance du droit au renouvellement du bail commercial si le juge considère que l'exploitation n'a plus été personnelle.

Une dispense judiciaire de la condition d'exploitation reste possible, mais elle doit être demandée en amont. La Cour de cassation a jugé le 13 septembre 2017 qu'une autorisation judiciaire obtenue postérieurement à la conclusion du premier contrat de location-gérance ne couvre pas la nullité des contrats antérieurs.

Jurisprudence
La dispense judiciaire d'exploitation préalable ne régularise pas rétroactivement un contrat de location-gérance déjà conclu : la demande doit précéder la mise en gérance pour produire effet.

Cour de cassation — 2017-09-13 — n° 16-15.049

Obtenir l'autorisation du bailleur avant la mise en location-gérance

La location-gérance n'est pas, en elle-même, une sous-location prohibée du local commercial. Vous restez le preneur du bail, c'est le fonds de commerce que vous louez, pas les murs. Mais le bail commercial contient presque toujours une clause qui encadre cette opération, parfois pour l'interdire, le plus souvent pour la soumettre à l'accord écrit du bailleur ou à une simple information préalable.

La lecture précise de cette clause est capitale. La Cour de cassation a eu l'occasion de rappeler, dans un arrêt du 22 mars 2018, qu'une autorisation accordée par le bailleur dans le bail peut suffire à couvrir la mise en location-gérance, dès lors que les stipulations du bail n'imposent pas une autorisation renouvelée pour chaque opération.

Jurisprudence
Une autorisation générale figurant dans le bail commercial peut couvrir une mise en location-gérance ultérieure, à condition que la clause ne subordonne pas chaque opération à un accord spécifique. L'analyse se fait clause par clause.

Cour de cassation — 2018-03-22 — n° 17-15.830

Trois cas de figure se présentent en pratique. Première hypothèse : le bail est silencieux. Vous pouvez conclure la location-gérance mais il reste prudent de notifier le bailleur par lettre recommandée avec accusé de réception. Deuxième hypothèse : le bail autorise expressément. Vous conservez le courrier et le visez dans le contrat de location-gérance. Troisième hypothèse : le bail soumet l'opération à agrément. Vous devez solliciter l'accord écrit, respecter le délai de réponse prévu, et ne signer qu'une fois l'accord obtenu.

Signer un contrat de location-gérance en violation d'une clause d'agrément constitue une faute contractuelle qui peut justifier la résiliation judiciaire du bail commercial. Le bailleur n'a pas à démontrer un préjudice : la violation suffit, sous réserve de la gravité suffisante exigée par les juridictions.

Rédiger le contrat de location-gérance en articulation avec le bail commercial

Le contrat de location-gérance n'a pas de forme légale imposée mais sa rédaction conditionne la sécurité juridique de toute l'opération. Six clauses méritent une attention particulière : la désignation précise du fonds, la durée, le montant et la périodicité de la redevance, l'inventaire d'entrée, les obligations d'exploitation du gérant, et le sort des éléments en fin de contrat.

Qualifier correctement le contrat pour éviter la requalification en bail commercial

La distinction entre location-gérance et bail commercial est parfois ténue, et les juridictions peuvent requalifier le contrat si les stipulations ne correspondent pas à la réalité de l'opération. La Cour de cassation a jugé le 11 juin 2013 que la requalification s'apprécie à la date de conclusion du contrat et au regard des éléments effectivement loués. Si l'opération porte en réalité sur les murs et non sur un véritable fonds de commerce doté d'une clientèle et d'éléments corporels et incorporels exploitables, le juge peut requalifier en bail commercial.

Jurisprudence
La qualification d'un contrat de location-gérance s'apprécie à la date de sa conclusion, en fonction des éléments réellement mis à disposition. Un contrat intitulé « location-gérance » peut être requalifié en bail commercial si le fonds prétendument loué n'existe pas ou est vide de sa substance.

Cour de cassation — 2013-06-11 — n° 12-16.103

Les conséquences de la requalification sont lourdes. Vous perdez la liberté de la redevance et basculez dans le régime du statut des baux commerciaux : droit au renouvellement, plafonnement du loyer, indemnité d'éviction. Pour s'en prémunir, l'inventaire du fonds doit détailler les éléments corporels (matériel, mobilier, agencements) et incorporels (enseigne, nom commercial, droit au bail, clientèle, licences). Un contrat qui mentionne la clientèle sans en démontrer la consistance est fragile.

Fixer la redevance et sécuriser son recouvrement

La redevance de location-gérance est libre. Elle peut être fixe ou proportionnelle au chiffre d'affaires, mensuelle ou trimestrielle. Le contrat doit prévoir la périodicité, les modalités de révision annuelle, les intérêts de retard et les clauses résolutoires. En cas d'impayé, vous disposez des voies classiques : mise en demeure, action en paiement, résiliation. La Cour de cassation a validé le 13 décembre 2023 une action en recouvrement d'arriérés de redevance assortie d'une rupture du contrat pour manquements graves.

Jurisprudence
Les arriérés de redevance de location-gérance peuvent être recouvrés par les voies civiles classiques, et le défaut persistant de paiement, caractérisé par une mise en demeure demeurée sans effet, autorise la rupture du contrat aux torts du gérant.

Cour de cassation — 2023-12-13 — n° 22-20.590

Publier la location-gérance et déclarer l'opération pour sécuriser le bail commercial

La publicité du contrat conditionne son opposabilité aux tiers. Le Code de commerce impose une insertion dans un journal d'annonces légales dans les quinze jours de la signature. Cette publicité renseigne la nature du contrat, l'identité des parties, le fonds concerné et sa localisation. Elle doit être doublée d'une inscription modificative au registre du commerce et des sociétés et d'une information de l'administration fiscale.

Cette formalité conditionne également la bascule des responsabilités entre vous et le gérant. Jusqu'à la publication, vous restez solidairement responsable des dettes contractées par le gérant à l'occasion de l'exploitation. Au-delà, cette solidarité cesse. L'oubli de publication expose à une solidarité prolongée indéfiniment, avec un risque patrimonial direct : les créanciers du gérant peuvent agir contre vous.

Un second mécanisme protège les créanciers antérieurs du propriétaire. L'article L144-6 du Code de commerce permet au tribunal de commerce de déclarer immédiatement exigibles les dettes du loueur du fonds afférentes à l'exploitation, s'il estime que la mise en location-gérance met en péril leur recouvrement.

« Au moment de la location-gérance, les dettes du loueur du fonds afférentes à l'exploitation du fonds peuvent être déclarées immédiatement exigibles par le tribunal de commerce de la situation du fonds, [...] s'il estime que la location-gérance met en péril leur recouvrement. »
Article L144-6 du Code de commerce

Les créanciers disposent d'un délai de trois mois à compter de la publication pour saisir le tribunal. Si vous avez des dettes professionnelles antérieures significatives, la demande peut aboutir à leur exigibilité immédiate, avec un risque de cessation des paiements. Un passage préalable chez votre expert-comptable pour arbitrer l'opportunité et le calendrier est fortement recommandé.

La location-gérance peut rendre immédiatement exigibles les dettes antérieures du propriétaire du fonds si le tribunal de commerce juge que le recouvrement est mis en péril.
Code de commerce, art. L144-6

Suivre l'exécution du contrat de location-gérance sans fragiliser le bail commercial

Pendant toute la durée du contrat, deux obligations courent en parallèle. Vous demeurez tenu envers le bailleur de l'ensemble des obligations du bail commercial : paiement du loyer, respect de la destination, exécution des travaux à votre charge, communication des documents demandés. Le gérant, lui, exploite le fonds à ses risques et perçoit les bénéfices. Il doit respecter la destination du bail et ne peut, sous couvert d'exploitation du fonds, étendre l'activité au-delà de ce que le bail autorise.

La vigilance porte sur quatre points. Premier point : vérifier chaque trimestre le paiement effectif du loyer par le gérant si vous avez accepté qu'il règle directement le bailleur. En cas d'impayé, vous restez le débiteur principal face au bailleur. Deuxième point : contrôler que le gérant ne modifie pas l'activité (changement d'enseigne, nouveaux produits, horaires élargis) sans votre accord. Toute déspécialisation est soumise à la procédure des articles L145-47 et suivants du Code de commerce et ne peut être engagée par le seul gérant.

Troisième point : conserver l'ensemble de la correspondance avec le bailleur et transmettre au gérant copie des courriers qui concernent l'exploitation. Un courrier de mise en demeure ignoré peut déclencher une résiliation du bail commercial. Quatrième point : surveiller les comptes du gérant lorsque la redevance est indexée sur le chiffre d'affaires. Prévoyez un droit d'audit annuel dans le contrat.

Préparer la fin de la location-gérance et sécuriser le renouvellement du bail commercial

La fin du contrat de location-gérance se prépare au moins six mois à l'avance. Trois scénarios dominent : arrivée du terme sans renouvellement, résiliation anticipée pour faute, ou cession du fonds de commerce au gérant. Chacun suppose des précautions distinctes.

Organiser la restitution du fonds de commerce

À l'issue du contrat, le gérant doit vous restituer le fonds dans un état permettant la poursuite de l'exploitation. L'inventaire de sortie se compare à l'inventaire d'entrée. Les écarts font l'objet d'une indemnisation. Un arrêt récent de la Cour de cassation illustre les contentieux typiques en matière de restitution.

Jurisprudence
La résiliation du contrat de location-gérance et la restitution du fonds se prouvent par la combinaison d'actes matériels (inventaire contradictoire, remise des clés) et de courriers. Une allégation de résiliation unilatérale non corroborée ne libère pas le gérant du paiement des redevances.

Cour de cassation — 2026-09-02 — n° 24-21.233

Vous devez organiser matériellement la reprise d'exploitation : réintégration du personnel transféré selon l'article L1224-1 du Code du travail lorsqu'il s'applique, reprise des contrats fournisseurs non résiliés, information de la clientèle, inscription modificative au registre du commerce et des sociétés mentionnant la fin de la location-gérance.

Anticiper les relations commerciales du gérant avec ses propres fournisseurs

La fin de la location-gérance peut déclencher des contentieux portés par les fournisseurs du gérant, sur le fondement de la rupture brutale des relations commerciales établies. La Cour de cassation a jugé le 15 septembre 2015 que la mise en location-gérance d'un fonds peut être prise en compte dans l'appréciation de l'ancienneté de la relation commerciale, selon les circonstances.

Jurisprudence
Dans l'appréciation du caractère brutal d'une rupture de relation commerciale établie, le juge peut remonter avant la mise en location-gérance pour calculer l'ancienneté, lorsque la continuité économique est caractérisée entre le propriétaire du fonds et le gérant.

Cour de cassation — 2015-09-15 — n° 14-17.964

Concrètement, si vous reprenez l'exploitation à l'issue du contrat et que vous entendez cesser les relations avec un fournisseur historique du gérant, un préavis écrit tenant compte de l'ancienneté réelle de la relation est nécessaire. Un délai trop court expose à une condamnation sur le fondement de l'article L442-1 du Code de commerce.

Anticiper le droit de préemption de la commune et le renouvellement du bail

Si vous envisagez de céder le fonds plutôt que de reprendre l'exploitation, prenez en compte le droit de préemption des communes institué par le Code de l'urbanisme. L'article L214-2 permet à la commune, après avoir préempté un fonds artisanal, un fonds de commerce, un bail commercial ou un terrain, de disposer d'un délai de deux ans pour le rétrocéder à une entreprise. Ce délai est porté à trois ans en cas de mise en location-gérance du fonds de commerce ou du fonds artisanal.

« Ce délai peut être porté à trois ans en cas de mise en location-gérance du fonds de commerce ou du fonds artisanal. [...] La rétrocession d'un bail commercial est subordonnée, à peine de nullité, à l'accord préalable du bailleur. Cet accord figure dans l'acte de rétrocession. »
Article L214-2 du Code de l'urbanisme

Côté bail, la demande de renouvellement doit être adressée au bailleur par acte extrajudiciaire ou par lettre recommandée avec accusé de réception, dans les six mois précédant l'échéance. Un oubli de ce délai, aggravé par une période de location-gérance qui a pu distendre les relations avec le bailleur, aboutit à la prolongation tacite précaire puis au risque de refus de renouvellement sans indemnité d'éviction si le bailleur excipe d'un motif grave.

Ce qu'il faut faire maintenant

  • Rassembler les justificatifs des deux années d'exploitation personnelle du fonds (déclarations fiscales, extraits Kbis, bilans) exigées par l'article L144-3 du Code de commerce.
  • Relire la clause du bail commercial relative à la location-gérance et préparer, si nécessaire, le courrier de demande d'accord au bailleur.
  • Dresser l'inventaire précis des éléments corporels et incorporels du fonds pour éviter tout risque de requalification du contrat en bail commercial.
  • Planifier la publication dans un journal d'annonces légales dans les quinze jours de la signature et l'inscription modificative au registre du commerce et des sociétés.
  • Faire relire le projet de contrat par un avocat avant signature, en particulier les clauses de redevance, de résiliation et de restitution.

Questions fréquentes

  • La location-gérance est-elle une sous-location interdite par le bail commercial ?

    Non. La location-gérance porte sur le fonds de commerce, pas sur les murs. Vous louez votre clientèle, votre enseigne, votre matériel, mais vous demeurez le preneur du bail commercial. Cette opération n'entre donc pas dans la catégorie des sous-locations prohibées. En revanche, la plupart des baux commerciaux comportent une clause spécifique qui encadre la location-gérance : interdiction, information préalable, ou autorisation écrite du bailleur. Lire précisément cette clause avant toute signature est indispensable, et la Cour de cassation apprécie clause par clause la portée des autorisations données.

  • Que risque-t-on si l'on consent une location-gérance sans avoir exploité le fonds pendant deux ans ?

    Le contrat encourt la nullité sur le fondement de l'article L144-10 du Code de commerce. Cette nullité peut être invoquée par tout intéressé : le gérant, le bailleur, un créancier, voire le ministère public. Les conséquences dépassent la simple fin du contrat. Le propriétaire peut se voir refuser le renouvellement du bail commercial au motif qu'il n'a plus exploité personnellement, et les redevances versées peuvent être réclamées en restitution. Une dispense judiciaire d'exploitation préalable existe mais elle doit être sollicitée avant la mise en gérance : une autorisation obtenue après coup ne régularise pas rétroactivement, comme l'a rappelé la Cour de cassation.

  • Qui est responsable des dettes du fonds pendant la location-gérance ?

    La règle est double. Jusqu'à la publication du contrat dans un journal d'annonces légales, le propriétaire du fonds reste solidairement tenu avec le gérant des dettes contractées pour l'exploitation. Au-delà, cette solidarité cesse pour les dettes nouvelles. Parallèlement, l'article L144-6 du Code de commerce permet aux créanciers antérieurs du propriétaire de saisir le tribunal de commerce pour faire déclarer immédiatement exigibles leurs créances si la mise en location-gérance met en péril leur recouvrement. L'opération doit donc être précédée d'un audit du passif professionnel, idéalement avec l'expert-comptable.

  • Peut-on cumuler une activité en nom propre et une mise en location-gérance ?

    Oui, rien ne l'interdit, dès lors que les conditions légales sont réunies et que l'activité conservée n'est pas une activité concurrente susceptible de détourner la clientèle du fonds mis en gérance. Le contrat doit alors prévoir une clause de non-concurrence du propriétaire, dont l'étendue doit rester proportionnée (zone géographique, durée, activités visées). À défaut, la clause encourt la nullité. Un avocat peut arbitrer la rédaction en fonction de la nature du fonds et de la position du gérant.

  • La location-gérance interrompt-elle le droit au renouvellement du bail commercial ?

    Non, à condition que le contrat soit valablement conclu. La période de location-gérance s'impute sur la durée du bail et ne suspend ni la prescription, ni les délais de renouvellement. En pratique, c'est le propriétaire du fonds, titulaire du bail, qui doit demander le renouvellement dans les six mois précédant l'échéance, par acte extrajudiciaire ou par lettre recommandée avec accusé de réception. Un contrat de location-gérance nul ou irrégulier expose en revanche à un refus de renouvellement sans indemnité d'éviction, le bailleur pouvant invoquer un défaut d'exploitation personnelle.

  • Combien coûte la mise en place d'une location-gérance ?

    Les frais principaux sont les honoraires d'avocat pour la rédaction du contrat (généralement entre 1 500 et 4 000 euros selon la complexité), le coût de la publication dans un journal d'annonces légales (de l'ordre de 150 à 250 euros), les frais d'inscription modificative au registre du commerce et des sociétés, et éventuellement les honoraires d'un expert-comptable pour l'audit préalable des dettes et l'inventaire chiffré du fonds. S'ajoutent, le cas échéant, les frais de l'acte sous signature privée contresigné par avocat. Les montants exacts dépendent de la taille du fonds, du nombre d'éléments à inventorier et de la complexité du bail commercial support.