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OQTF et recours administratif

Tarif d'un avocat pour l'expulsion d'un locataire : combien prévoir, étape par étape

Par Maître Indiara Fazolo · Avocate en droit de l'immigration et OQTF10 min de lecture
Sommaire

Un locataire ne paie plus ses loyers, occupe les lieux malgré un congé, ou refuse de quitter le logement à l'issue du bail. Le propriétaire qui envisage de saisir la justice découvre vite que la procédure d'expulsion est longue, ritualisée, et que le budget avocat représente rarement moins de 1 500 à 4 000 euros hors frais annexes. Ce guide vous détaille étape par étape ce que fait l'avocat, ce qu'il facture, et à quel moment intervient chaque poste de coût : rédaction du commandement, assignation devant le juge des contentieux de la protection, obtention du jugement, signification, puis expulsion effective par le commissaire de justice.

Comptez entre douze et vingt-quatre mois entre la première impayée et la libération effective des lieux, hors trêve hivernale. Le tarif d'un avocat pour l'expulsion d'un locataire dépend de trois variables : la complexité du dossier (impayés simples ou contestation sur le bail), le lieu (Paris et grandes villes sont plus chers), et le mode de facturation (forfait, honoraires au temps passé, ou mixte). Une précision utile en préambule : l'expression « OQTF & expulsion » que vous avez peut-être croisée ne concerne pas les locataires. Elle vise l'éloignement administratif d'un étranger en situation irrégulière, une matière totalement distincte du droit locatif.

  1. Étape 1 — Diagnostiquer et cadrer les honoraires

    Premier rendez-vous avec l'avocat, analyse du bail et des impayés, signature d'une convention d'honoraires écrite qui fixe le tarif.

  2. Étape 2 — Délivrer le commandement de payer

    Acte préalable obligatoire pour un impayé locatif, préparé par l'avocat, délivré par le commissaire de justice. Point de départ du délai légal.

  3. Étape 3 — Assigner en résiliation et expulsion

    Rédaction de l'assignation par l'avocat, saisine du juge des contentieux de la protection, notification obligatoire au préfet.

  4. Étape 4 — Obtenir le jugement et le signifier

    Audience, jugement d'expulsion, signification par commissaire de justice, purge des délais de recours.

  5. Étape 5 — Faire exécuter l'expulsion

    Commandement de quitter les lieux, réquisition du concours de la force publique si besoin, procès-verbal d'expulsion.

Cadrer le tarif de l'avocat pour l'expulsion d'un locataire dès le premier rendez-vous

Le premier rendez-vous n'est pas une formalité. C'est le moment où l'avocat qualifie le dossier, identifie le fondement juridique (impayés, congé délivré, occupation sans droit ni titre) et vous propose un mode de facturation. Apportez le bail original, les avis d'échéance, l'historique des paiements, les courriers de relance, l'assurance loyers impayés si vous en avez souscrit une, et l'état des lieux d'entrée. Sans ces pièces, aucun devis sérieux n'est possible.

Trois modes de rémunération coexistent en pratique. Le forfait fixe couvre l'ensemble de la procédure jusqu'au jugement, généralement entre 1 800 et 3 500 euros hors taxes selon la région et la complexité. La facturation au temps passé s'appuie sur un taux horaire, souvent compris entre 180 et 400 euros hors taxes selon le barreau. Le mode mixte associe un forfait pour les actes prévisibles et un taux horaire pour les diligences imprévues (incidents d'audience, contestation du locataire, expertise). Le tarif d'un avocat pour l'expulsion d'un locataire varie fortement selon Paris et la province, avec des écarts pouvant atteindre 40 %.

Les dispositions relatives aux tarifs de postulation des avocats s'appliquent à certaines matières limitativement énumérées, dont la saisie immobilière. L'expulsion locative n'y figure pas : les honoraires sont donc librement négociés entre l'avocat et le justiciable.
Article R444-71 du Code de commerce

Point de vigilance à ce stade : demandez à votre avocat d'estimer les frais annexes qui viendront s'ajouter à ses honoraires. Commandement de payer, assignation, signification du jugement, commandement de quitter les lieux, procès-verbal d'expulsion : chacun de ces actes est facturé par le commissaire de justice selon un tarif réglementé. Le coût total en huissier oscille entre 800 et 1 500 euros sur l'ensemble de la procédure.

Faire délivrer le commandement de payer, premier acte tarifé de la procédure d'expulsion

Pour une expulsion motivée par des loyers impayés, la loi impose un préalable : le commandement de payer visant la clause résolutoire du bail. L'avocat rédige l'acte, calcule précisément l'arriéré (loyers, charges, indexations), puis le transmet au commissaire de justice qui le délivre au locataire. Cet acte fait courir un délai de six semaines pour un bail d'habitation, pendant lequel le locataire peut régulariser sa dette et éviter la résiliation.

La rédaction du commandement représente entre 200 et 500 euros d'honoraires d'avocat selon la complexité du calcul. Un arriéré simple (loyers non payés pendant trois mois consécutifs) se traite rapidement. Un dossier avec provisions de charges contestées, régularisations tardives, ou paiements partiels erratiques demande beaucoup plus de temps de reconstitution. Le coût de délivrance par le commissaire de justice s'ajoute, autour de 150 à 250 euros selon le lieu et la difficulté de signification.

Ce que déclenche la signification du commandement

La date de signification est capitale : elle fixe le point de départ des délais légaux, y compris pour les recours ultérieurs. La Cour de cassation a rappelé la logique tarifaire applicable aux actes des commissaires de justice dans le cadre de l'expulsion pour dette locative.

Jurisprudence
Dans cet avis, la Cour circonscrit précisément les actes et formalités relatifs à la procédure d'expulsion motivée par une dette locative qui donnent lieu à perception de droits fixes par le commissaire de justice. La délimitation est utile pour vérifier la facture d'huissier qui vous sera adressée.

Cass. — 2011-03-07 — n° 10-00.010

Assigner en résiliation et expulsion devant le juge des contentieux de la protection

À l'expiration du délai de six semaines, si le locataire n'a pas payé, l'avocat rédige l'assignation. Ce document articule les demandes : constater l'acquisition de la clause résolutoire, ordonner l'expulsion du locataire et de tout occupant de son chef, condamner au paiement de l'arriéré et des indemnités d'occupation à venir, prononcer l'exécution provisoire. La rédaction de l'assignation représente le poste le plus lourd en temps d'avocat : entre 600 et 1 200 euros selon la complexité.

L'assignation est ensuite signifiée au locataire par commissaire de justice, puis notifiée au préfet du département deux mois au moins avant l'audience. Ce délai de deux mois est incompressible : il permet aux services de l'État d'organiser, si nécessaire, un relogement ou une prise en charge sociale. Une assignation notifiée trop tard au préfet est jugée irrecevable, ce qui fait perdre plusieurs mois de procédure et engage la responsabilité de l'avocat.

Jurisprudence
L'arrêt illustre le mécanisme classique de l'assignation en référé aux fins d'expulsion et de paiement des loyers, à la suite d'une sommation restée sans effet. Cette voie du référé, plus rapide qu'une procédure au fond, est privilégiée quand la clause résolutoire est clairement acquise et non sérieusement contestée.

Cass. — 2020-09-17 — n° 19-13.242

Référé ou fond : incidence sur le tarif de l'avocat

Le référé est plus rapide (audience sous quelques semaines) et moins coûteux en temps d'avocat. La procédure au fond, plus longue (six à douze mois d'attente d'audience selon les juridictions), s'impose lorsque le locataire conteste sérieusement le bail, l'arriéré, ou soulève un moyen de défense complexe. L'écart d'honoraires entre les deux voies peut atteindre 40 %, ce qui justifie une discussion explicite avec votre avocat sur la stratégie procédurale retenue.

Le bailleur qui saisit lui-même le juge sans avocat, pensant économiser, se retrouve fréquemment avec une assignation viciée sur la notification préfectorale et perd six mois.
Erreur récurrente en cabinet

Obtenir et signifier le jugement d'expulsion du locataire

L'audience se tient en présence de l'avocat, qui plaide le dossier. Si vous êtes assisté d'un avocat, votre présence physique n'est pas obligatoire, sauf convocation du juge. L'audience dure généralement de 15 à 45 minutes selon la contestation soulevée par le locataire. Le juge peut rendre sa décision immédiatement (délibéré sur-le-champ, rare) ou mettre l'affaire en délibéré, avec une décision rendue deux à huit semaines plus tard selon la juridiction.

Le jugement d'expulsion doit ensuite être signifié par commissaire de justice au locataire. Cette signification (environ 100 à 200 euros) fait courir le délai d'appel d'un mois. Le locataire peut également solliciter des délais pour quitter les lieux, jusqu'à trois années dans certaines hypothèses. L'avocat vous conseillera sur l'opportunité de contester ces demandes de délais si vous estimez que le locataire dispose de solutions de relogement.

À l'issue de l'échéance fixée, les locataires sont déchus de tout titre d'occupation des locaux loués. Certaines catégories de locataires bénéficient toutefois de protections particulières, notamment ceux résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, pour lesquels le dispositif ne s'applique pas.
Article L482-3-1 du Code de la construction et de l'habitation

Faire exécuter l'expulsion et anticiper le coût final

Une fois le jugement définitif, le commissaire de justice délivre un commandement de quitter les lieux. Le locataire dispose d'un délai de deux mois pour partir volontairement. Passé ce délai, si le locataire est toujours dans les lieux, le commissaire de justice procède à l'expulsion. Il peut avoir besoin du concours de la force publique, qu'il doit alors requérir auprès du préfet. Le préfet dispose d'un délai de deux mois pour répondre : un refus, explicite ou implicite, ouvre droit à indemnisation du bailleur par l'État sur le fondement de la rupture d'égalité devant les charges publiques.

L'expulsion elle-même donne lieu à la rédaction d'un procès-verbal par le commissaire de justice, obligatoire à peine de nullité. Ce document décrit les opérations et désigne la juridiction compétente en cas de contestation. Le coût de l'expulsion physique varie fortement selon la nécessité de faire intervenir un serrurier, un déménageur pour l'inventaire des meubles, et le concours effectif de la force publique.

L'huissier de justice dresse un procès-verbal des opérations d'expulsion qui contient, à peine de nullité, la description des opérations, l'identité des personnes dont le concours a été nécessaire, et la désignation de la juridiction compétente pour statuer sur les contestations relatives aux opérations d'expulsion.
Article R432-1 du Code des procédures civiles d'exécution

Délais de contestation du procès-verbal d'expulsion

Le locataire expulsé dispose de délais très courts pour contester certaines opérations. Deux textes du Code des procédures civiles d'exécution encadrent ces recours et méritent d'être connus, car votre avocat vous alertera sur les fenêtres de vulnérabilité procédurale.

Le délai prévu par l'article L. 433-1 est de deux mois non renouvelable à compter de la remise de la signification du procès-verbal d'expulsion.
Article R433-2 du Code des procédures civiles d'exécution
La saisine doit être effectuée, à peine d'irrecevabilité, dans le délai d'un mois à compter de la remise ou de la signification du procès-verbal d'expulsion.
Article R433-3 du Code des procédures civiles d'exécution
Jurisprudence
L'arrêt valide le principe d'une convention d'honoraires écrite signée avec le commissaire de justice pour la maîtrise d'œuvre du dossier d'expulsion, conformément au tarif réglementé applicable. La logique est transposable à la convention d'honoraires que vous signerez avec votre avocat : c'est un document opposable qui sécurise la relation financière.

Cass. — 2014-07-03 — n° 13-21.039

Récapituler le tarif total d'un avocat pour l'expulsion d'un locataire et les leviers de réduction

Le budget global d'une procédure d'expulsion locative se ventile généralement ainsi : honoraires d'avocat entre 1 800 et 4 000 euros, frais de commissaire de justice entre 800 et 1 500 euros, frais annexes (serrurier, déménageur, garde-meubles) entre 300 et 1 500 euros. À cela peut s'ajouter le coût de l'exécution provisoire non couverte si le locataire fait appel. Fourchette totale réaliste : 3 000 à 7 000 euros par procédure, à récupérer, en théorie, sur le locataire condamné aux dépens et à l'article 700 du Code de procédure civile.

Plusieurs leviers permettent de réduire ou d'anticiper ce coût. La souscription d'une assurance loyers impayés (GLI) couvre les honoraires d'avocat et les frais de procédure dans la limite d'un plafond contractuel, généralement de 15 000 à 30 000 euros. La protection juridique de votre contrat multirisque habitation propriétaire non-occupant peut également prendre en charge tout ou partie des frais. L'aide juridictionnelle est réservée au bailleur personne physique aux ressources modestes, ce qui exclut la plupart des situations.

Les prestations figurant au tableau 6 de l'article Annexe 4-7 donnent lieu à la perception d'émoluments fixés conformément aux dispositions applicables. Ce texte encadre les tarifs réglementés des commissaires de justice, qui doivent être distingués des honoraires libres de l'avocat.
Article A444-187 du Code de commerce

Le cas particulier de la mention « OQTF & expulsion »

L'obligation de quitter le territoire français (OQTF) est une mesure d'éloignement administratif prononcée par le préfet à l'encontre d'un étranger en situation irrégulière. Elle n'a rien à voir avec la procédure d'expulsion locative. Si vous voyez cette expression associée à un tarif d'avocat, vérifiez que vous cherchez bien le bon domaine : le contentieux OQTF relève du droit des étrangers et se plaide devant le tribunal administratif, avec un tarif d'avocat qui suit une logique propre (recours en 48 heures, en 15 jours ou en 30 jours selon les cas).

Ce qu'il faut faire maintenant

  • Rassembler toutes les pièces du dossier locatif (bail, avis d'échéance, historique de paiement, relances, courriers, état des lieux) avant tout rendez-vous d'avocat.
  • Vérifier si votre assurance loyers impayés ou votre protection juridique couvre les honoraires d'avocat et les frais de procédure d'expulsion.
  • Demander une convention d'honoraires écrite avant tout engagement, avec ventilation détaillée entre forfait, taux horaire et frais annexes.
  • Anticiper la trêve hivernale dans le calendrier : un jugement rendu à l'automne ne pourra pas être exécuté avant avril.
  • Solliciter, si vous êtes éligible, l'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle de votre tribunal judiciaire.

Questions fréquentes

  • Quel est le tarif moyen d'un avocat pour une procédure d'expulsion de locataire en France ?

    En pratique, les honoraires d'un avocat pour une procédure d'expulsion locative se situent entre 1 800 et 4 000 euros hors taxes pour un dossier standard mené jusqu'au jugement. Ce tarif varie selon la région (Paris et grandes métropoles sont plus chers), la complexité du dossier (impayés simples ou contestation lourde du bail), et le mode de facturation retenu (forfait, taux horaire, ou mixte). À ces honoraires s'ajoutent les frais de commissaire de justice (800 à 1 500 euros) et divers frais annexes (serrurier, déménageur si besoin). Le total réaliste d'une procédure complète, jusqu'à l'expulsion effective, se situe entre 3 000 et 7 000 euros. Aucun tarif réglementé n'encadre les honoraires d'avocat en matière d'expulsion locative : la convention d'honoraires écrite est donc obligatoire et négociable.

  • Peut-on bénéficier de l'aide juridictionnelle pour une procédure d'expulsion en tant que bailleur ?

    Oui, mais uniquement si vous êtes une personne physique dont les ressources sont inférieures aux plafonds fixés annuellement par décret. L'aide juridictionnelle est réservée aux justiciables aux revenus modestes. Un bailleur qui possède plusieurs biens locatifs ou dont les revenus dépassent les seuils ne pourra pas y prétendre. La demande se fait auprès du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire compétent, avec justificatifs de ressources. Si vous êtes éligible, l'aide juridictionnelle peut prendre en charge tout ou partie des honoraires d'avocat et des frais de procédure. Attention, l'avocat désigné au titre de l'aide juridictionnelle n'est pas toujours spécialisé en droit locatif : vous pouvez demander à conserver votre avocat habituel s'il accepte le tarif AJ.

  • L'assurance loyers impayés prend-elle en charge les honoraires d'avocat ?

    Oui, la garantie loyers impayés (GLI) couvre habituellement les honoraires d'avocat et les frais de procédure engagés pour recouvrer les loyers et obtenir l'expulsion, dans la limite d'un plafond contractuel généralement compris entre 15 000 et 30 000 euros par sinistre. Vérifiez les conditions de mise en jeu : la plupart des contrats exigent que le locataire ait été sélectionné selon des critères de solvabilité prédéfinis (revenus supérieurs à 2,7 fois le loyer, contrat de travail stable), que la déclaration soit faite dans un délai précis après le premier impayé, et que la procédure soit confiée à un avocat désigné par l'assureur ou agréé. Une déclaration tardive ou un locataire hors critères de solvabilité peuvent entraîner un refus de garantie.

  • Combien de temps dure une procédure d'expulsion locative en France ?

    Comptez entre douze et vingt-quatre mois entre le premier impayé et l'expulsion effective du locataire, hors trêve hivernale. Le calendrier type se décompose ainsi : deux à trois mois pour la préparation du dossier et la délivrance du commandement de payer, deux mois pour la notification préfectorale avant l'assignation, quatre à dix mois d'attente d'audience selon la juridiction (le référé est plus rapide), deux à huit semaines de délibéré, deux mois de commandement de quitter les lieux, puis délai variable d'obtention du concours de la force publique (deux mois minimum au préfet). La trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars suspend l'exécution des expulsions et allonge d'autant les procédures dont le jugement est rendu en fin d'année civile.

  • Le locataire peut-il obtenir des délais du juge pour rester dans les lieux ?

    Oui, le juge peut accorder au locataire des délais pour quitter les lieux, allant jusqu'à trois années dans certaines situations. Ces délais sont accordés en fonction de la situation personnelle du locataire (âge, état de santé, présence d'enfants scolarisés, difficulté à se reloger, ressources) et de la bonne foi du bailleur. Le juge apprécie souverainement l'opportunité et la durée de ces délais. Certaines catégories de locataires bénéficient également de protections particulières prévues par le Code de la construction et de l'habitation. Votre avocat pourra contester l'octroi de délais si vous démontrez que le locataire dispose de solutions de relogement, ou si les impayés ont perduré sans effort de régularisation. Pendant ces délais, le locataire reste redevable d'une indemnité d'occupation.

  • Que se passe-t-il si le préfet refuse le concours de la force publique pour exécuter l'expulsion ?

    Le préfet dispose d'un délai de deux mois pour répondre à la réquisition de concours de la force publique adressée par le commissaire de justice. Un refus explicite, ou l'absence de réponse (refus implicite), engage la responsabilité sans faute de l'État sur le fondement de la rupture d'égalité devant les charges publiques. Le bailleur peut alors saisir le tribunal administratif d'une demande d'indemnisation pour compenser les loyers perdus depuis la date à laquelle l'expulsion aurait dû être exécutée, ainsi que les charges et dégradations éventuelles. Cette procédure indemnitaire, spécifique et technique, doit être conduite par un avocat familier du droit public. Elle aboutit dans la majorité des cas à un remboursement, plusieurs mois après l'introduction du recours.