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Redressement judiciaire

Imprimerie en redressement judiciaire : le guide du dirigeant

Par Maître Gabriel Aknin · Avocat en droit des affaires et M&A12 min de lecture
Sommaire

Votre imprimerie accumule les retards de règlement URSSAF depuis plusieurs mois. Les banques refusent la ligne de trésorerie demandée. Une machine en crédit-bail fait l'objet d'une mise en demeure. À un moment, le constat s'impose : votre entreprise ne parvient plus à faire face à son passif exigible avec son actif disponible. C'est la définition juridique de la cessation des paiements, et c'est l'événement qui ouvre la porte au redressement judiciaire.

Le secteur de l'imprimerie cumule les facteurs de fragilité. Charges fixes lourdes (matériel offset, flexo ou numérique, locaux, personnel qualifié), marges érodées par la dématérialisation des supports, dépendance à quelques donneurs d'ordre, trésorerie étirée par les délais clients. Les tribunaux de commerce traitent chaque année des dizaines de dossiers d'imprimeries, de l'atelier familial au groupe industriel.

Ce guide s'adresse au dirigeant d'une imprimerie en redressement judiciaire, ou qui pressent devoir y venir. Il décrit, étape par étape, la procédure applicable : quand la déclencher, comment constituer le dossier, à quelle juridiction s'adresser, ce qui se passe pendant la période d'observation, comment traiter les salariés et le CSE, quelles issues attendre à la sortie.

Les procédures collectives obéissent à des règles strictes et à des délais courts. Chaque décision prise ou non prise par le dirigeant engage sa responsabilité personnelle. L'objectif ici est de vous donner la carte complète du territoire, pour agir sans attendre et dans le bon ordre.

  1. Étape 1 : constat de la cessation des paiements

    Vous établissez que la trésorerie disponible ne suffit plus à honorer les dettes échues. Ce constat formalisé déclenche l'obligation de déclaration.

  2. Étape 2 : dépôt de la demande au tribunal de commerce

    Vous saisissez le greffe du tribunal de commerce du siège de l'imprimerie avec un dossier chiffré et documenté.

  3. Étape 3 : jugement d'ouverture et nomination des organes

    Le tribunal statue, prononce l'ouverture du redressement, désigne un juge-commissaire, un mandataire judiciaire et, le plus souvent, un administrateur.

  4. Étape 4 : période d'observation et poursuite d'activité

    L'activité continue sous surveillance. Les contrats sont triés, les créances déclarées, les poursuites gelées. Un diagnostic économique est posé.

  5. Étape 5 : consultation du CSE et traitement du personnel

    Le comité social et économique est informé et consulté à chaque phase. Les licenciements économiques, s'ils sont nécessaires, obéissent à un régime dérogatoire.

  6. Étape 6 : vote du plan ou prononcé de la liquidation

    Le tribunal arrête un plan de continuation, ordonne un plan de cession totale ou partielle, ou prononce la liquidation judiciaire si le redressement est manifestement impossible.

Reconnaître la cessation des paiements de votre imprimerie

La cessation des paiements ne se confond ni avec la perte d'exercice, ni avec la baisse de chiffre d'affaires, ni avec l'endettement en lui-même. Il s'agit, en droit, de l'impossibilité concrète de faire face au passif exigible avec l'actif disponible. Autrement dit : les dettes dont l'échéance est tombée dépassent la trésorerie mobilisable, lignes bancaires et moratoires éventuels compris.

Dans une imprimerie, plusieurs signaux doivent déclencher cet examen. Les loyers de crédit-bail sur les presses impayés depuis deux ou trois mois. Les cotisations URSSAF reportées puis cumulées. Les factures de papier et d'encre réglées en retard, le fournisseur basculant en paiement comptant. Les salaires versés en décalage ou grâce à des découverts non autorisés. Une mise en demeure ou une injonction de payer notifiée par un créancier.

Si les difficultés sont réelles mais que la cessation des paiements n'est pas encore caractérisée, d'autres outils existent : mandat ad hoc confidentiel, conciliation, procédure de sauvegarde. Dès qu'elle est caractérisée, en revanche, la seule voie ouverte est la demande d'ouverture d'un redressement judiciaire, dans le délai légal fixé par le Code de commerce. Au-delà, le dirigeant qui n'a pas déclaré s'expose à une interdiction de gérer.

Le réflexe utile, à ce stade, consiste à produire une situation comptable intermédiaire datée du mois en cours, à inventorier le passif échu, et à confronter les deux. L'expert-comptable de l'imprimerie peut établir ce document en quelques jours. C'est la base de tout le reste.

Déposer la demande d'ouverture du redressement judiciaire au tribunal compétent

Pour une imprimerie exploitée sous forme commerciale (SARL, SAS, SA), la juridiction compétente est le tribunal de commerce dans le ressort duquel se trouve le siège social. Le dépôt s'effectue au greffe, en pratique de plus en plus souvent par voie dématérialisée via le portail du tribunal, à l'initiative du représentant légal.

Le dossier comprend un ensemble de pièces listées par la réglementation : état des créances et des dettes avec échéancier, inventaire sommaire de l'actif, situation de trésorerie, comptes annuels des derniers exercices, extrait Kbis, liste des salariés, nom du représentant du personnel, inventaire des biens susceptibles d'être revendiqués, et surtout la déclaration de cessation des paiements précisant la date retenue.

Ce que fait le tribunal au moment du jugement d'ouverture

Le tribunal entend le dirigeant en chambre du conseil, parfois le représentant des salariés, l'ordre des créanciers principaux lorsqu'ils se sont manifestés. Il vérifie que les conditions légales sont réunies. L'article L631-7 du Code de commerce renvoie expressément aux articles L621-1, L621-2 et L621-3 pour l'examen de la demande et prévoit que le tribunal « statue ensuite, dans la même décision, sur la demande de redressement judiciaire et, le cas échéant, sur l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire ».

Les articles L. 621-1, L. 621-2 et L. 621-3 sont applicables à la procédure de redressement judiciaire. Le tribunal statue ensuite, dans la même décision, sur la demande de redressement judiciaire et, le cas échéant, sur l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire.
Article L631-7 du Code de commerce

Deux issues sont possibles à ce stade. Soit le tribunal ouvre un redressement, estimant que l'imprimerie peut encore être redressée. Soit il prononce directement la liquidation judiciaire si le redressement apparaît manifestement impossible, par exemple si tout le parc machines est inopérant ou si tous les clients sont déjà partis chez un concurrent.

Traverser la période d'observation avec l'administrateur judiciaire

Le jugement d'ouverture lance la période d'observation. Elle est fixée pour une durée déterminée, renouvelable dans les limites prévues par le Code de commerce. Pendant cette phase, l'imprimerie continue d'exploiter : les commandes sortent, les salaires sont payés, les clients honorés. Le dirigeant conserve en principe ses pouvoirs de gestion courante, sous le contrôle de l'administrateur judiciaire nommé par le tribunal.

Trois organes vont désormais partager la gouvernance de la procédure : le juge-commissaire, qui autorise les actes importants (vente d'un bien, licenciement, résiliation d'un contrat) ; l'administrateur judiciaire, qui assiste ou représente le dirigeant selon la mission fixée ; le mandataire judiciaire, qui défend l'intérêt collectif des créanciers et centralise les déclarations de créances.

L'arrêt des poursuites : un bouclier immédiat

L'ouverture gèle instantanément les poursuites individuelles. Les créanciers antérieurs au jugement ne peuvent plus assigner, saisir, inscrire d'hypothèque pour le recouvrement de leurs créances. La Cour de cassation a rappelé en 2021 que l'article L. 622-22 du Code de commerce, qui organise cet arrêt des poursuites, s'applique bien à la procédure de redressement judiciaire par renvoi de l'article L. 631-14.

Jurisprudence
La chambre commerciale confirme que l'article L. 622-22 du Code de commerce, qui emporte interruption ou interdiction des poursuites individuelles des créanciers antérieurs, est pleinement applicable à la procédure de redressement judiciaire par l'effet du renvoi de l'article L. 631-14. Les instances en cours sont suspendues jusqu'à la déclaration régulière de la créance.

Cass. com. — 2021-10-20 — n° 20-13.829

Les contrats en cours : crédit-bail des presses et fournisseurs stratégiques

Pour une imprimerie, le sort des contrats en cours est décisif. Le crédit-bail sur les presses offset ou numérique représente souvent le poste de charge le plus lourd. Les contrats de maintenance, de licences de logiciels de prépresse, de location de locaux, de fourniture de papier ou d'encre conditionnent la continuité de l'exploitation. L'administrateur dispose d'une option : exiger la poursuite du contrat ou le laisser s'éteindre.

La Cour de cassation a précisé en 2022 la portée de cette option dans un dossier emblématique concernant une imprimerie placée en redressement, dont l'administrateur avait opté pour la poursuite d'un crédit-bail sur du matériel d'impression. Cette décision éclaire la frontière entre la poursuite du contrat pendant la période d'observation et son sort après l'arrêté du plan.

Jurisprudence
Dans une affaire relative à une imprimerie mise en redressement, l'administrateur judiciaire avait opté pour la poursuite d'un contrat de crédit-bail portant sur du matériel d'impression. La chambre commerciale précise que la publication du jugement d'arrêté du plan de redressement n'a pas, par elle-même, d'incidence sur les droits du crédit-bailleur résultant de cette option de continuation.

Cass. com. — 2022-12-14 — n° 21-16.048

La période d'observation est aussi le moment où les créanciers antérieurs doivent déclarer leurs créances au mandataire judiciaire, dans les délais fixés par le jugement publié au BODACC. L'administration fiscale, de son côté, dispose d'un régime spécifique. Selon l'article R*247-17 du Livre des procédures fiscales, elle doit statuer sur les demandes écrites des mandataires judiciaires dans un délai de six semaines.

Dans le régime général du redressement judiciaire, l'administration statue sur les demandes écrites des mandataires judiciaires dans le délai de six semaines suivant la date de leur présentation.
Article R*247-17 du Livre des procédures fiscales
La période d'observation n'est pas un répit : c'est une épreuve de vérité économique, qui doit démontrer au tribunal qu'un plan est viable.

Informer et consulter le CSE à chaque phase de la procédure collective

Les procédures collectives imposent au dirigeant d'imprimerie un dialogue structuré avec les représentants du personnel. Dans les entreprises dotées d'un comité social et économique, celui-ci doit être informé et consulté avant même le dépôt de la demande d'ouverture, puis à chaque étape clé. L'article L. 2323-48 du Code du travail organise ces temps obligatoires.

Le comité d'entreprise est informé et consulté : 1° Avant le dépôt au greffe d'une demande d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire ; 2° Lors d'une procédure de sauvegarde, dans les situations prévues aux articles L. 623-3 et L. 626-8 du code de commerce ; 3° Lors d'une procédure de redressement judiciaire, dans les situations et conditions prévues aux articles L. 631-7, L. 631-15 (II), L. 631-19 (I) et L. 631-22 du code de commerce.
Article L2323-48 du Code du travail

La consultation précède notamment la décision d'arrêter un plan, l'autorisation de céder une branche d'activité, ou la mise en œuvre de licenciements. L'article L. 2323-49 du Code du travail décline ces consultations étape par étape, en renvoyant aux articles correspondants du Code de commerce. Omettre une consultation obligatoire fragilise la décision correspondante, qui peut être attaquée.

Les licenciements économiques pendant le redressement judiciaire d'une imprimerie

Lorsque le redressement implique une réduction d'effectifs, les licenciements économiques obéissent à un régime dérogatoire du droit commun. L'autorisation du juge-commissaire est requise. Les délais sont raccourcis. Les indemnités avancées par l'AGS sont garanties dans les plafonds réglementaires.

La Cour de cassation a précisé, dans une décision concernant précisément une imprimerie placée en procédure simplifiée, qui peut porter la décision de licenciement en l'absence d'administrateur.

Jurisprudence
Dans l'affaire de l'Imprimerie Douriaut, la chambre sociale a jugé qu'en procédure simplifiée de redressement judiciaire, le mandataire qui exerce, en l'absence d'administrateur, les fonctions dévolues à celui-ci, peut être autorisé par le juge-commissaire à procéder aux licenciements. La répartition des rôles obéit donc à la configuration de la procédure ouverte, non à un schéma unique.

Cass. soc. — 2001-05-03 — n° 99-41.813

Si l'imprimerie compte des salariés protégés (élus, représentants syndicaux, représentant des salariés désigné dans le cadre de la procédure), leur licenciement obéit à une procédure renforcée. L'article L. 2421-6 du Code du travail soumet l'autorisation de licenciement d'un salarié élu désigné comme représentant des salariés dans le cadre d'une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire à un régime spécifique, qui s'ajoute à l'autorisation du juge-commissaire.

La procédure d'autorisation de licenciement d'un salarié élu désigné comme représentant des salariés dans le cadre d'une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire est soumise à un régime particulier.
Article L2421-6 du Code du travail

Arbitrer entre plan de continuation, plan de cession et liquidation judiciaire

La période d'observation débouche sur une décision du tribunal, prise au vu du bilan économique, social et environnemental établi par l'administrateur et des propositions formulées par le dirigeant. Trois issues sont possibles pour votre imprimerie.

Le plan de redressement par continuation

Le plan prévoit le maintien de l'activité, l'apurement du passif selon un échéancier étalé dans le temps, et le cas échéant une recapitalisation. Les créanciers sont consultés sur les délais ou abandons proposés. Le tribunal arrête le plan et désigne un commissaire à l'exécution du plan, chargé d'en surveiller la bonne application.

Le plan de cession totale ou partielle de l'imprimerie

Si un repreneur présente une offre crédible, le tribunal peut ordonner la cession totale ou partielle de l'imprimerie. Cette solution est fréquente lorsque l'outil industriel conserve une valeur (parc machines récent, clientèle fidèle, savoir-faire spécifique) mais que la structure endettée ne peut plus porter l'activité. L'article L. 631-22 du Code de commerce encadre cette hypothèse.

Lorsque la cession totale ou partielle a été ordonnée en application du premier alinéa, la procédure est poursuivie dans les limites prévues par l'article L. 621-3. Si l'arrêté d'un plan de redressement ne peut être obtenu, le tribunal prononce la liquidation judiciaire et met fin à la période d'observation ainsi qu'à la mission de l'administrateur.
Article L631-22 du Code de commerce

La liquidation judiciaire lorsque le redressement est impossible

Si aucun plan n'est atteignable et qu'aucun repreneur ne se présente, le tribunal prononce la liquidation. Un liquidateur est désigné, l'activité cesse (sauf maintien d'exploitation ponctuel autorisé), les actifs sont réalisés, le produit distribué aux créanciers selon leur rang. Les salariés sont licenciés dans les quinze jours suivant le jugement, les indemnités étant garanties par l'AGS dans les plafonds légaux.

Un dernier point mérite attention pour les imprimeries qui travaillent avec des commanditaires publics. Un arrêt du Tribunal des conflits a tranché, dans une affaire opposant l'Imprimerie Chirat à un comité régional de tourisme à la suite de la défaillance d'un sous-traitant placé en redressement, la question de la compétence juridictionnelle. La répartition entre juge judiciaire et juge administratif n'est pas évidente dès lors que la chaîne contractuelle mêle commande publique et sous-traitance privée.

Jurisprudence
À propos d'un contentieux né de la défaillance d'une société placée en redressement judiciaire, qui sous-traitait la fabrication d'une brochure à l'Imprimerie Chirat pour le compte d'un comité régional de tourisme, le Tribunal des conflits a jugé la juridiction judiciaire compétente pour connaître du litige opposant l'imprimerie au commanditaire public.

Trib. confl. — 2012-10-15 — n° 12-03.868

Ce qu'il faut faire maintenant

  • Faire établir par votre expert-comptable une situation de trésorerie à date, confrontée au passif échu, pour objectiver la cessation des paiements.
  • Prendre rendez-vous avec un avocat spécialisé en procédures collectives avant tout dépôt, pour sécuriser la date de cessation retenue et la stratégie.
  • Rassembler les pièces exigées pour le dossier de demande d'ouverture : comptes annuels, Kbis, inventaires, liste des salariés, état des créances.
  • Convoquer le CSE pour l'informer et le consulter avant le dépôt au greffe, conformément à l'article L. 2323-48 du Code du travail.
  • Identifier dès à présent les contrats stratégiques (crédit-bail des presses, baux, fournisseurs clés) qui feront l'objet d'une option de poursuite par l'administrateur.

Questions fréquentes

  • Combien de temps dure une procédure de redressement judiciaire pour une imprimerie ?

    La procédure se décompose en deux temps : une période d'observation, fixée par le jugement d'ouverture et renouvelable dans les limites prévues par le Code de commerce, puis l'exécution du plan arrêté par le tribunal, qui peut s'étaler sur plusieurs années pour l'apurement du passif. En pratique, la période d'observation d'une imprimerie dure fréquemment plusieurs mois, le temps de poser le diagnostic économique, d'arbitrer les contrats en cours et de préparer un plan. L'exécution d'un plan de continuation peut ensuite courir sur une durée longue, selon les délais consentis par les créanciers.

  • Que deviennent les contrats de crédit-bail sur les presses pendant le redressement ?

    L'administrateur judiciaire décide, contrat par contrat, s'il demande la poursuite ou s'il laisse le contrat s'éteindre. S'il opte pour la poursuite, les loyers postérieurs au jugement sont dus en priorité comme créances de la procédure. La Cour de cassation a précisé en 2022 que la publication du jugement arrêtant le plan de redressement n'a pas, par elle-même, d'incidence sur les droits du crédit-bailleur résultant de cette option. L'arbitrage se fait en fonction du caractère stratégique du matériel pour la poursuite de l'activité et de la soutenabilité du loyer dans la nouvelle économie du plan.

  • Le dirigeant d'une imprimerie en redressement perd-il ses pouvoirs ?

    Pas automatiquement. Le tribunal fixe la mission de l'administrateur, qui peut aller de la simple surveillance à la représentation complète de la société. Dans les configurations les plus fréquentes, le dirigeant conserve la gestion courante et agit en concertation avec l'administrateur pour les actes importants, qui requièrent souvent l'autorisation du juge-commissaire. Si des manquements graves sont constatés, le tribunal peut toutefois décider d'un dessaisissement partiel ou total. La fin de la procédure peut par ailleurs s'accompagner de sanctions personnelles si une faute de gestion est caractérisée.

  • Les salariés de l'imprimerie sont-ils protégés pendant la procédure ?

    Oui. Les créances salariales antérieures au jugement bénéficient d'un superprivilège et sont, en pratique, avancées par l'AGS dans les plafonds réglementaires. Les salaires postérieurs au jugement sont payés comme créances de la procédure. Le CSE doit être informé et consulté à chaque étape, en application de l'article L. 2323-48 du Code du travail. Les licenciements économiques, lorsqu'ils sont nécessaires, obéissent à un régime dérogatoire mais ouvrent droit aux indemnités légales et conventionnelles. Les salariés protégés voient leur licenciement soumis à une procédure d'autorisation renforcée.

  • Mon imprimerie peut-elle être reprise par un concurrent dans le cadre d'un plan de cession ?

    C'est l'une des issues possibles. L'article L. 631-22 du Code de commerce prévoit que le tribunal peut ordonner la cession totale ou partielle lorsqu'un repreneur présente une offre crédible et sérieuse. Le repreneur peut être un concurrent, un industriel, un investisseur ou même un salarié de l'entreprise. L'offre précise le périmètre repris, les contrats transférés, le nombre de salariés conservés et le prix. Le tribunal arbitre entre les offres selon le projet industriel, le maintien de l'emploi et le prix. Si aucune offre crédible n'est présentée et qu'aucun plan de continuation n'est atteignable, la liquidation judiciaire est prononcée.

  • Que risque personnellement le dirigeant qui n'a pas déclaré la cessation des paiements à temps ?

    Le dirigeant qui s'abstient de déposer la demande d'ouverture dans le délai légal fixé par le Code de commerce s'expose à plusieurs sanctions. En cas de liquidation ultérieure révélant une insuffisance d'actif, le tribunal peut mettre à sa charge tout ou partie de cette insuffisance s'il caractérise une faute de gestion ayant contribué à aggraver le passif. Une interdiction de gérer peut être prononcée. Dans les hypothèses les plus graves (dissimulation d'actif, faux en comptabilité, détournement), la banqueroute, infraction pénale, peut être poursuivie. L'intérêt du dirigeant est donc de déclarer tôt, dossier à l'appui, pour objectiver sa bonne foi.