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Règlement de succession

Donation au dernier vivant entre époux : le guide pour protéger votre conjoint

Par Maître Valérie Pons-Tomasello · Droit de la famille et des successions13 min de lecture
Sommaire

Entre époux mariés, la loi fixe par défaut la part du conjoint survivant dans la succession de l'autre. Cette part varie selon le régime matrimonial, le nombre d'enfants et la présence éventuelle d'enfants d'une précédente union. Dans beaucoup de familles, elle ne suffit pas à maintenir le conjoint survivant dans son cadre de vie, surtout quand il doit cohabiter en indivision avec des beaux-enfants.

La donation au dernier vivant, aussi nommée donation entre époux, permet d'augmenter cette part. L'époux donateur confère au conjoint survivant un choix entre trois options : usufruit universel, quotité disponible en pleine propriété, ou formule mixte. Le conjoint survivant retient l'option la plus adaptée au moment du décès, en fonction de l'âge des enfants et de la composition du patrimoine.

L'acte se signe chez un notaire pendant le mariage, selon un formalisme solennel. Les émoluments sont encadrés par un barème national. L'acte est révocable à tout moment par l'époux donateur, sauf s'il figure dans un contrat de mariage. Son coût reste modeste au regard de la sécurité qu'il offre.

Ce guide détaille les six étapes pour comprendre, mettre en place et faire exécuter une donation au dernier vivant entre époux. Vous y trouverez les options disponibles, les règles fiscales applicables, le coût exact chez le notaire, les cas de révocation ou de caducité, et les signaux qui doivent vous conduire à consulter un professionnel. Les références citées renvoient aux textes applicables et à la jurisprudence récente de la Cour de cassation.

  1. Étape 1 : Évaluer l'intérêt pour votre situation familiale

    Comparez les droits légaux de votre conjoint survivant avec ce qu'une donation entre époux lui apporterait, selon la composition de votre famille (enfants communs ou issus d'autres unions) et la nature de votre patrimoine.

  2. Étape 2 : Choisir les options à inclure dans l'acte

    Décidez des options ouvertes au conjoint survivant : quotité disponible en pleine propriété, usufruit universel, formule mixte. Le choix final s'opère au décès.

  3. Étape 3 : Signer la donation entre époux chez le notaire

    Prenez rendez-vous avec un notaire, apportez les pièces d'état civil et de patrimoine, signez l'acte authentique en présence du notaire.

  4. Étape 4 : Régler les émoluments et le droit d'enregistrement

    Payez les émoluments fixés par l'arrêté tarifaire et, le cas échéant, le droit fixe d'enregistrement. L'acte est conservé par le notaire.

  5. Étape 5 : Conserver l'acte et le réviser si besoin pendant le mariage

    Pensez à relire la donation lors des événements familiaux (naissance, décès d'un enfant, remariage). Révoquez-la ou faites-la évoluer si votre situation change.

  6. Étape 6 : Exercer ou refuser le bénéfice au décès du conjoint

    Au décès, le conjoint survivant opte, dans la succession, pour l'une des options prévues par la donation, ou y renonce s'il préfère les droits légaux.

Comprendre la donation au dernier vivant entre époux et ses trois options

La donation au dernier vivant est un acte par lequel chaque époux, pendant le mariage, attribue à son conjoint des droits sur sa propre succession plus étendus que ceux prévus par la loi. Elle ne prend effet qu'au décès du donateur. Jusque-là, aucun transfert de patrimoine n'intervient. Le donateur reste pleinement propriétaire de ses biens et peut en disposer librement.

Trois options sont classiquement proposées au conjoint survivant. La quotité disponible en pleine propriété : une fraction de la succession dont le défunt pouvait librement disposer, soit la moitié en présence d'un enfant, le tiers avec deux enfants, le quart avec trois enfants ou plus. L'usufruit universel : la jouissance de l'intégralité des biens jusqu'au décès du conjoint survivant, les enfants recueillant la nue-propriété. La formule mixte, enfin : un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit, qui combine une part définitive et un confort de vie étendu.

Le choix s'opère au décès, pas à la signature de l'acte

La particularité de la donation au dernier vivant tient à ce que le conjoint survivant choisit l'option qui lui convient au moment du décès, et non à la signature. Il examine alors la composition réelle de la succession, l'âge des enfants, ses propres besoins financiers, et retient la formule la plus adaptée. Cette souplesse constitue l'intérêt majeur de l'acte, à comparer à un testament qui fige une volonté à une date précise.

Pour être capable de recevoir entre vifs, il suffit d'être conçu au moment de la donation. Pour être capable de recevoir par testament, il suffit d'être conçu à l'époque du décès du testateur. Néanmoins, la donation ou le testament n'auront leur effet qu'autant que l'enfant sera né viable.
Article 906 du Code civil

Choisir entre donation au dernier vivant et testament : quel instrument retient votre protection

La donation au dernier vivant et le testament poursuivent le même but : améliorer la protection du conjoint survivant au-delà des droits légaux. Les deux instruments diffèrent toutefois sur plusieurs points opérationnels, et peuvent se cumuler.

Le testament peut être rédigé seul (testament olographe, écrit, daté et signé de la main du testateur) ou devant notaire (testament authentique). Il grave la volonté à une date, mais il reste librement révocable jusqu'au décès. Son coût direct est faible en version olographe. Sa force se mesure à sa précision rédactionnelle : un testament mal formulé peut être annulé ou prêter à discussion.

La donation entre époux est obligatoirement authentique : elle se signe chez un notaire. Elle offre au conjoint survivant la souplesse du choix entre plusieurs options au moment du décès, ce que le testament ne permet pas aussi finement. Elle est également révocable à tout moment, sauf si elle figure dans un contrat de mariage auquel cas elle devient irrévocable.

Dans quels cas privilégier la donation entre époux pour la protection du conjoint

La donation au dernier vivant s'impose dans trois situations typiques. D'abord, les couples remariés avec enfants d'un premier lit : sans donation, le survivant est en indivision avec des beaux-enfants, parfois conflictuels. Ensuite, les patrimoines à forte composante immobilière : l'option usufruit universel permet au survivant de conserver la jouissance du logement familial sans en être évincé. Enfin, les couples jeunes ou dont le patrimoine évolue : la donation offre une flexibilité que le testament ne reproduit pas.

Les deux instruments peuvent coexister. Un testament peut gérer des legs spécifiques (une collection, un bien précis) tandis que la donation entre époux organise la part globale du conjoint. Cette combinaison est fréquente dans les patrimoines complexes.

Faire établir la donation entre époux chez un notaire : pièces et procédure

La donation entre époux obéit à un formalisme strict. Elle est reçue par un notaire, en la forme authentique. Un acte sous seing privé serait nul. Les deux époux peuvent signer ensemble le même rendez-vous, chacun en faveur de l'autre, ou procéder séparément. Chaque donation est unilatérale, même si en pratique elles sont souvent croisées.

Les pièces à préparer avant le rendez-vous

Prévoyez les pièces d'état civil des deux époux (actes de naissance de moins de trois mois, livret de famille, acte de mariage), le contrat de mariage s'il en existe un, et un justificatif de domicile récent. Si des enfants sont nés, en préciser l'identité et la filiation. Aucune évaluation détaillée du patrimoine n'est exigée pour la signature, puisque la donation porte sur une succession future dont la composition est inconnue : elle attribue des droits abstraits (quotité disponible, usufruit), non des biens déterminés.

Le notaire rédige l'acte sur la base de l'entretien préalable, qui doit permettre d'arrêter les options proposées. Il vérifie la capacité des époux, l'absence de contrat de mariage y faisant obstacle, et l'absence d'enfants interposés au sens de l'article 1100 du Code civil. La signature intervient en une séance, et l'acte est conservé en l'étude. Un exemplaire est remis à chaque époux.

Seront réputées faites à personnes interposées, les donations de l'un des époux aux enfants ou à l'un des enfants de l'autre époux issus d'un autre mariage, et celles faites par le donateur aux parents dont l'autre époux sera héritier présomptif au jour de la donation, encore que ce dernier n'ait point survécu à son parent donataire.
Article 1100 du Code civil

Chiffrer le coût réel d'une donation au dernier vivant entre époux

Le coût d'une donation au dernier vivant entre époux reste modeste comparé à d'autres actes notariés. Il se compose de trois éléments : les émoluments du notaire fixés par arrêté, le droit fixe d'enregistrement, et les éventuelles taxes complémentaires. Aucun droit proportionnel n'est prélevé à la signature, puisque la donation ne transfère rien tant que le donateur est en vie.

Les actes relatifs aux donations entre époux donnent lieu à la perception des émoluments suivants : Donation entre époux, pendant le mariage : 113,20 €. Révocation de donation entre époux, de testament, de mandat ou de substitution : 26,41 €.
Article A444-69 du Code de commerce

Les émoluments proprement dits s'élèvent à environ 113,20 euros par donation, conformément au barème national fixé par l'article A444-69 du Code de commerce. Pour un couple qui signe deux donations croisées, le coût des émoluments atteint donc approximativement 226 euros. À cela s'ajoutent les débours (copies, formalités) qui restent de faible montant.

L'exonération du droit fixe d'enregistrement

Les donations entre époux figurent parmi les actes dispensés du droit fixe d'enregistrement, selon l'article 60 de l'annexe IV du Code général des impôts. Cette dispense évite une taxation supplémentaire à la signature. En revanche, au décès du donateur, les biens recueillis par le conjoint survivant au titre de la donation entrent dans l'assiette des droits de succession, sous réserve de l'exonération totale dont bénéficie le conjoint survivant depuis la loi TEPA.

Donnent ouverture à un droit fixe d'enregistrement ou sont dispensés de droits : Actes concernant l'état des personnes et leur régime matrimonial à l'exclusion des contrats de mariage contenant des donations à successions et legs ; Testaments et codicilles ; Donations entre époux.
Article 60 du Code général des impôts, annexe IV

Un dispositif complémentaire mérite d'être signalé pour les familles nombreuses. L'article 780 du Code général des impôts prévoit une réduction d'impôt pour le bénéficiaire ayant trois enfants ou plus, plafonnée à 610 euros par part en ligne directe et pour les donations entre époux. Cette réduction s'imputera, le moment venu, sur les droits de mutation dus par les héritiers.

Lorsqu'un héritier, donataire ou légataire a trois enfants ou plus, vivants ou représentés au jour de la donation ou au moment de l'ouverture de ses droits à la succession, il bénéficie, sur l'impôt à sa charge, d'une réduction. Ce maximum est porté à 610 € en ce qui concerne les donations et successions en ligne directe et les donations entre époux ou partenaires liés par un pacte civil de solidarité.
Article 780 du Code général des impôts

Modifier ou révoquer la donation entre époux pendant et après le mariage

La donation entre époux signée hors contrat de mariage reste librement révocable par l'époux donateur, à tout moment, sans avoir à motiver sa décision ni à en informer son conjoint. Cette particularité la distingue de toute autre donation, par nature irrévocable. Elle s'explique par la volonté du législateur de laisser aux époux la maîtrise d'un acte dont les effets ne se produisent qu'au décès.

La révocation prend la forme d'un acte notarié. L'époux donateur se rend chez un notaire, qui dresse l'acte de révocation et le conserve. Aucune notification au conjoint n'est juridiquement imposée, bien que, en pratique, le notaire oriente souvent vers une approche transparente. La révocation prend effet immédiatement.

La caducité automatique en cas de décès prématuré du conjoint bénéficiaire

La donation entre époux devient caduque dans certaines circonstances, sans acte formel. L'article 1089 du Code civil prévoit que les donations faites à l'un des époux deviennent caduques si le donateur survit à l'époux donataire et à sa postérité. En clair, si le conjoint à qui la donation était destinée décède le premier, la donation tombe. L'époux donateur retrouve pleine liberté sur son patrimoine.

Les donations faites à l'un des époux, dans les termes des articles 1082, 1084 et 1086 ci-dessus, deviendront caduques si le donateur survit à l'époux donataire et à sa postérité.
Article 1089 du Code civil

Le divorce ne révoque pas automatiquement la donation

Un divorce n'entraîne pas, en lui-même, la révocation automatique des donations entre époux. La Cour de cassation l'a rappelé dans un arrêt du 28 février 2006 : lorsqu'une convention de divorce ne contient aucune stipulation relative aux donations consenties entre époux pendant le mariage, celles-ci survivent au prononcé du divorce. L'erreur, fréquente, consiste à présumer la révocation. Il faut la demander expressément dans la convention, ou procéder à un acte notarié de révocation après le divorce.

Jurisprudence
La Cour juge que la convention homologuée réglementant les effets du divorce sur demande conjointe, qui ne contient aucune stipulation relative aux donations et avantages que les époux s'étaient consentis au cours du mariage, laisse subsister ces donations. L'arrêt rappelle que la révocation suppose une volonté exprimée.

Cour de Cassation — 2006-02-28 — n° 03-20.150

La révocation peut également être poursuivie après le décès du donateur, dans des circonstances précises. La Cour de cassation, dans un arrêt du 4 novembre 2015, a admis qu'un héritier est recevable à poursuivre seul l'action en révocation d'une donation entre époux introduite par le donateur avant son décès. Cette solution protège les héritiers lorsque le donateur a entamé la procédure mais n'a pas eu le temps de l'achever.

Jurisprudence
La Cour reconnaît qu'un héritier peut poursuivre seul l'action en révocation d'une donation consentie à un époux, dès lors que l'action avait été introduite par le donateur de son vivant. Cette possibilité évite que l'instance ne s'éteigne au décès du demandeur initial.

Cour de cassation — 2015-11-04 — n° 15-10.774

Activer la donation au dernier vivant au décès du conjoint donateur

Au décès du conjoint donateur, le survivant se trouve devant un choix. Il peut opter pour l'une des options prévues par la donation, ou préférer les droits légaux si ceux-ci lui sont plus favorables. Il peut également renoncer purement et simplement à la donation. Cette décision engage pour l'avenir et conditionne la liquidation de la succession.

Le choix s'opère en principe devant le notaire chargé du règlement de la succession, dans le cadre de l'option successorale. Les héritiers peuvent presser le conjoint survivant de prendre position, afin de connaître la masse à partager. Un délai de réflexion raisonnable est admis, mais la mise en demeure est possible. Un refus de choisir équivaut, à terme, à une acceptation des options les plus défavorables aux autres héritiers.

Renoncer à la succession n'implique pas renoncer à la donation entre époux

Une précision récente de la Cour de cassation mérite une attention particulière. Dans un arrêt du 4 février 2026, la Cour a jugé que la renonciation du conjoint à la succession n'emporte pas, par elle-même, renonciation au bénéfice de la donation entre époux. Autrement dit, un conjoint peut refuser l'actif successoral (par exemple pour éviter un passif) tout en conservant le bénéfice de la donation. Les deux décisions sont juridiquement distinctes.

Jurisprudence
La Cour censure la décision ayant assimilé renonciation à succession et renonciation au bénéfice de la donation entre époux. Elle rappelle que la renonciation à la succession n'emporte pas, en elle-même, renonciation au bénéfice de la donation consentie sous condition de survie. Les deux actes doivent être distingués et chacun exprimé pour produire ses effets propres.

Cour de cassation — 2026-02-04 — n° 23-20.817

Dans la pratique, cette distinction permet des stratégies utiles. Un conjoint survivant confronté à une succession déficitaire peut renoncer à celle-ci mais conserver le bénéfice de l'usufruit universel sur certains biens prévus par la donation. Un conseil juridique au moment de l'ouverture de la succession permet d'articuler ces deux leviers. Le notaire chargé de la succession alertera sur ce point, mais une consultation complémentaire reste utile dans les patrimoines complexes.

Ce qu'il faut faire maintenant

  • Comparer les droits légaux de votre conjoint survivant avec ce qu'une donation entre époux lui apporterait, selon votre régime matrimonial et votre configuration familiale.
  • Rassembler les pièces d'état civil, le contrat de mariage éventuel et un justificatif de domicile avant la prise de rendez-vous chez le notaire.
  • Discuter en couple des trois options (usufruit universel, quotité disponible en pleine propriété, formule mixte) et de leurs effets concrets selon votre situation.
  • Prendre rendez-vous avec un notaire pour un entretien préalable, puis la signature de l'acte authentique.
  • Prévoir une relecture tous les cinq ans ou à chaque événement familial majeur (naissance, décès, remariage, acquisition immobilière importante).

Questions fréquentes

  • La donation au dernier vivant entre époux est-elle obligatoire pour protéger son conjoint ?

    Non, elle reste facultative. La loi prévoit déjà des droits pour le conjoint survivant, qui varient selon la présence d'enfants et leur filiation. En présence d'enfants tous communs, le conjoint reçoit par défaut un choix entre un quart en pleine propriété et l'usufruit sur la totalité. Avec des enfants issus d'une autre union, le choix de l'usufruit n'est plus disponible et le conjoint ne reçoit qu'un quart en pleine propriété. La donation au dernier vivant permet de restaurer et d'élargir cette protection, en ouvrant les trois options classiques, mais rien n'impose de la signer.

  • Le conjoint survivant peut-il refuser le bénéfice de la donation au dernier vivant ?

    Oui. Le conjoint survivant conserve le droit de renoncer à la donation si les droits légaux lui paraissent plus favorables, ou si l'actif successoral est insuffisant. La Cour de cassation a précisé le 4 février 2026 (n° 23-20.817) que la renonciation à la succession elle-même n'implique pas renonciation au bénéfice de la donation. Les deux actes doivent être exprimés distinctement. Un conjoint peut donc refuser l'actif successoral tout en conservant les droits attribués par la donation, ou inversement. Un conseil notarial au moment de l'option est indispensable pour articuler ces deux leviers correctement.

  • Que devient la donation au dernier vivant entre époux en cas de divorce ?

    La donation entre époux n'est pas automatiquement révoquée par le divorce. La Cour de cassation l'a rappelé le 28 février 2006 (n° 03-20.150) : lorsque la convention de divorce ne contient aucune stipulation relative aux donations consenties pendant le mariage, celles-ci subsistent. Les ex-époux doivent donc, soit intégrer la révocation dans la convention de divorce, soit procéder à un acte notarié de révocation après le divorce. L'oubli de cette formalité expose au risque qu'un ex-conjoint réclame, au décès, le bénéfice d'une donation jamais révoquée. Un contrôle au moment de la liquidation du régime matrimonial est fortement recommandé.

  • Peut-on faire une donation au dernier vivant dans un contrat de mariage ?

    Oui, mais le régime en est modifié. Une donation entre époux insérée dans un contrat de mariage devient irrévocable. L'époux donateur ne peut plus la retirer unilatéralement, à la différence d'une donation entre époux signée en acte séparé. Cette irrévocabilité peut être recherchée pour sceller une protection définitive, mais elle rigidifie l'arrangement. En pratique, elle convient surtout aux couples certains de leur équilibre et dont le patrimoine est stable. Dans la majorité des cas, les professionnels recommandent une donation entre époux hors contrat, pour préserver la souplesse.

  • Combien coûte réellement une donation au dernier vivant chez le notaire ?

    Le coût direct reste modéré. L'article A444-69 du Code de commerce fixe l'émolument notarial à environ 113,20 euros par donation. Pour un couple qui signe deux donations croisées, le budget approche 226 euros, auxquels s'ajoutent quelques dizaines d'euros de débours. L'article 60 de l'annexe IV du Code général des impôts exonère ces donations du droit fixe d'enregistrement. Une révocation ultérieure coûte environ 26,41 euros d'émoluments. Au total, mettre en place puis réviser une donation entre époux sur toute la durée d'un mariage représente généralement un budget inférieur à 500 euros.

  • La donation au dernier vivant remplace-t-elle un testament ?

    Non, les deux instruments sont complémentaires. La donation entre époux ne concerne, par définition, que le conjoint. Elle ne permet pas d'attribuer des legs à des enfants, des petits-enfants, des amis ou des œuvres. Un testament reste nécessaire pour organiser ces attributions spécifiques, ou pour préciser des volontés particulières (répartition de biens déterminés, désignation d'un exécuteur testamentaire). Beaucoup de couples combinent donation entre époux et testament : la donation sécurise le conjoint survivant, le testament règle le reste. Un entretien avec un notaire permet de poser cette articulation en cohérence.